lundi, février 26, 2024
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L'Espagne, face au casse-tête de sans-papiers sur un îlot proche du Maroc

L'Espagne, face au casse-tête de sans-papiers sur un îlot proche du Maroc

L’arrivée ces derniers jours de près d’une centaine de sans-papiers sur un îlot espagnol désert, accessible à la nage depuis une plage marocaine, présente un véritable casse-tête à l’Espagne, qui accuse les mafias d’avoir « coordonné » leurs débarquements.

Avec une surface rocheuse et pelée, l’île de Terre (Isla de Tierra) n’offre pas un visage hospitalier mais c’était, pour ces 87 migrants venus d’Afrique sub-saharienne, la porte d’entrée rêvée vers l’Europe.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, en est « convaincu »: leur arrivée « est une opération coordonnée par les mafias qui font du trafic d’êtres humains », a-t-il lancé lundi lors d’une conférence de presse à Madrid.

Tout a commencé mercredi dernier, avec l’arrivée de 19 personnes sur l’îlot inhabité, qui appartient à l’archipel des Alhucemas, situé à proximité de l’enclave espagnole de Melilla, la seule frontière terrestre, avec l’autre enclave espagnole de Ceuta, entre l’Afrique et l’Europe.

« La situation s’est aggravée à l’aube, dimanche, avec l’arrivée de 68 autres immigrés », a précisé le ministre.

« Six personnes qui avaient besoin d’une aide urgente, pour des raisons humanitaires », des femmes et des enfants, ont été transportées vers Melilla, a-t-il indiqué.

L'Espagne, face au casse-tête de sans-papiers sur un îlot proche du Maroc

Mais les 81 autres migrants restent bloqués sur l’îlot, recevant de l’Espagne une aide basique – des couvertures, de l’eau et de la nourriture – et sans espoir pour l’instant d’être transférés vers Melilla ou sur la péninsule ibérique.

Le ministre n’a pas précisé lundi ce que Madrid comptait faire de ces « hôtes » en situation très précaire, mais selon les médias espagnols, le gouvernement espère que, découragés, ils décident de regagner le Maroc, à quelque trente mètres de là.

L’enjeu est important pour l’Espagne, et avec elle pour l’Union européenne, car à ses frontières avec le Maroc se pressent des centaines de candidats à l’immigration clandestine, poussés par la pauvreté et les conflits en Afrique.

Madrid veut donc éviter à tout prix que l’arrivée de migrants sur ses îlots provoque « par un effet d’appel » l’arrivée « d’une masse d’immigrés », a expliqué M. Garcia Margallo.

Le gouvernement s’est donc lancé dans un contre-la-montre de discussions avec le Maroc et ses partenaires européens, avant que la situation des réfugiés sur l’île déserte ne se dégrade, ce qui pourrait forcer Madrid à les accueillir pour les soigner en territoire espagnol.

« Depuis le premier instant, nous avons entamé des conversations avec le gouvernement et le Royaume du Maroc, avec qui nous avons une superbe relation », a lancé le ministre.

« Les conversations se poursuivent aujourd’hui et je suis sûr que nous allons trouver une formule entre les deux gouvernements », a-t-il ajouté, alors que des délégations parlementaires des deux pays doivent se rencontrer mercredi à Rabat.

Sur le front européen, M. Margallo a souligné que « la politique d’immigration relève de la politique communautaire » et affirmé qu’il « déployait des efforts » pour trouver une « solution commune » avec ses partenaires.

La position stratégique de Ceuta et Melilla place l’Espagne sur l’un des principaux fronts de la politique européenne de contrôle des frontières.

Fin août, le pays a dû renforcer son dispositif de sécurité à Melilla, en rehaussant notamment son grillage-frontière, pour empêcher des dizaines de clandestins d’entrer après le passage en force d’une soixantaine d’entre eux.

Après l’arrivée sur l’îlot du premier groupe de migrants, mercredi, le préfet espagnol à Melilla, Abdelmalik El Barkani, avait affirmé que la situation était « très délicate » avant de lancer que « tout le monde –l’Espagne, le Maroc et l’Union européenne– doit agir en totale responsabilité ». 

AFP 

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