dimanche, juin 20, 2021
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Guinée-Bissau: l'assassinat d'un militaire ternit la présidentielle

Guinée-Bissau: l'assassinat d'un militaire ternit la présidentielle
L’assassinat d’un ex-chef de l’armée à Bissau est venu ternir le déroulement du premier tour la présidentielle de Guinée-Bissau qui, selon de toutes premières indications, plaçait lundi en tête Carlos Gomes Junior, Kumba Yala et Serifo Nhamadjo. Le colonel Samba Djalo, ex-responsable des renseignements militaires, a été abattu tard dimanche soir dans la rue, en face de son domicile par des hommes en tenue militaire, selon des sources militaire, sécuritaires et civiles, dont un témoin. Les raisons de ce crime demeurent inconnues.
Cet assassinat “est malheureux, après une élection calme et décisive pour la stabilité du pays” dimanche, a déclaré à l’AFP le politologue bissau-guinéen Rui Landim. “Est-ce un règlement de comptes entre militaires, un assassinat politique parce qu’il pouvait être très gênant pour quelqu’un du pouvoir, est-ce parce qu’il voulait quelque chose ?”, s’interroge-t-il.
Il suscite aussi “beaucoup d’inquiétudes”, ajoute le spécialiste, dans ce pays lusophone de 1,6 million d’habitants, déstabilisé par des coups de force militaires et des violences depuis son indépendance en 1974 du Portugal.
Cette instabilité est renforcée par les trafiquants de drogue qui l’utilisent comme point de passage entre l’Amérique du Sud et l’Europe, au point de voir le pays qualifié par des analystes de “narco-Etat” et certains de ses responsables répertoriés par les Etats-Unis comme “barons de la drogue”.
Pour M. Landim, “si les choses sont conduites sereinement par tout le monde” après l’assassinat du colonel Djalo, “on peut sauver la stabilité. Mais pour l’instant, il y a des risques que ça dégénère”.
Si cet assassinat “est lamentable (…) l’armée n’est ni de près ni de loin mêlée à cette affaire”, a affirmé le lieutenant-colonel Daba Na Wagna chef l’unité mixte armée-police pour la sécurité du processus électoral.
“Tumulte déjà passé”
Le président de la Commission électorale nationale (CNE), Desejado Lima da Costa, a estimé que cet évènement n’a “rien à voir avec le processus électoral, et le tumulte vécu est déjà dépassé”.
Le colonel Djalo avait été arrêté avec d’autres chefs militaires en avril 2010, dans un conflit au sein de la hiérarchie militaire.

Guinée-Bissau: l'assassinat d'un militaire ternit la présidentielle
Il avait été cité dans des affaires d’assassinats de responsables politiques et militaires en 2009, dont le patron de l’armée Tagmé Na Waie et le président Joao Bernardo Vieira. Ces affaires n’ont jamais été élucidées.
Le premier tour de la présidentielle pour remplacer Malam Bacaï Sanha, élu en 2009 et décédé de maladie en janvier, s’est déroulé dans le calme.
Les observateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union africaine (UA) ont jugé le scrutin “libre et transparent”.
Ceux de l’UA ont toutefois noté qu’il a eu lieu “sur la base du fichier électoral de 2008” qui n’a pas permis “la prise en compte d’une frange de la population, notamment les jeunes ayant atteint l’âge de voter”.
Les résultats officiels du premier tour qui opposait neuf candidats ne seront pas connus avant plusieurs jours.
De premières tendances données par des medias et des analystes placent en tête l’ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior, 62 ans (pouvoir), l’ex-président Kumba Yala, 59 ans (opposition), et le député Serifo Nhamadjo, 54 ans (indépendant, dissident du pouvoir).
Ils étaient, avec l’ex-président de transition Henrique Rosa (indépendant), 66 ans, donnés favoris pour la succession du président Sanha.
En cas de probable second tour, qui se tiendrait le 22 ou le 29 avril d’après une source à la CNE, cela se jouera “entre Carlos Gomes Junior et Kumba Yala” et Serifo Nhamadjo “sera le faiseur de roi”, dit Rui Landim.
La communauté internationale ainsi que la Guinée-Bissau ont multiplié les appels à la tenue d’un scrutin calme et au respect des résultats de l’élection de dimanche, considérée comme un test important.

AFP

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