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Editorial Diasporas News de Mars 2013 / Viande de cheval… le scandale des riches!

Editorial Diasporas News de Mars 2013 / Viande de cheval… le scandale des riches!
Après le scandale de la vache folle et de la grippe aviaire dont la consommation a eu des conséquences dramatiques sur la vie de l’homme, celle de la viande de cheval me semble moins dangereuse. D’où d’ailleurs ces nombreuses interrogations que suscite cette affaire qui défraie en ce moment la chronique en France voire dans toute l’Europe.  
Allez expliquer le scandale de la viande de cheval à des populations affamées en Afrique ou même d’ailleurs, vous comprendrez que l’on vous prendra sûrement pour un fou divaguant ou du moins une personne qui vit dans une opulence insolente.   
Dans ces parties reculées du monde où la famine et la mort côtoient le quotidien des populations, cette histoire de tromperie et de viande de cheval est une affaire de riches. Là-bas, manger chaque jour à sa faim est un luxe et un vrai parcours de combattant. Il n’est donc pas anormal que l’on ne trie pas la nourriture ou qu’on ne soit pas très regardant sur la provenance de ce qu’on mange. Pourvu d’arriver à nourrir toutes les bouches de sa famille. Il arrive même que parents et adultes se privent de repas au profit des enfants, histoire de faire l’économie des maigres provisions. 
Là-bas, dans ces pays pauvres, l’on mange tout ce qui est comestible pour survivre. Mieux vaut mourir d’intoxication alimentaire que de la faim, elle-même !
Alors, la bouffe d’origine protéine, qu’elle soit de la viande de chien, de chat domestique, de margouillat, de lézard, de serpent, que sais-je encore, est la bienvenue dans les assiettes. Assurément, ces cargaisons de viande de cheval qui scandalisent les Européens feront le bonheur sous d’autres cieux. 
Il n’y a qu’à voir la scène de récupération des produits alimentaires avariés (lait, conserves, viande en putréfaction…) dans les décharges pour comprendre l’ampleur de la misère et le perpétuel combat des populations pour survivre.   
Selon la Banque Mondiale, « 1,2 milliards de personnes dans le monde vivent sous le seuil de l’extrême pauvreté caractérisé par des dépenses de 1,25 dollar par jour et par personne. » Vu que la crise alimentaire continue de perdurer et que les prix des denrées de première nécessité continuent, eux aussi, à flamber sur les marchés, il est fort à parier que la famine continuera de faire de nombreuses victimes dans le monde  bien plus que le Sida et les autres maladies infectieuses. 
Pour les experts, il n’y a aucun doute, c’est la mauvaise répartition des produits alimentaires à l’échelle planétaire qui est à la base de cette disparité. Autrement dit, pendant que certains mangent à leur faim et gaspillent la nourriture, d’autres n’ont pas de quoi mettre sous leurs dents et meurent malheureusement de faim. Dans cette affaire, les Européens sont indexés comme ceux qui gaspillent plus qu’ils en consomment. 
Pour l’Organisation des Nations unies, l’alimentation et l’agriculture (la FAO), « un tiers de la production alimentaire destinée à la consommation humaine dans le monde est perdue ou gaspillée, atteignant environ 1,3 milliards de tonnes par an. Le gaspillage alimentaire constaté chez les consommateurs en Europe et en Amérique du Nord est, par habitant, de 95-115 kg par an. » Voici ce qui est de la triste réalité.  
En clair, pour revenir à l’actualité, la destruction de millions de tonnes de produits alimentaires supposés contenir de la viande de cheval montre encore une fois ce grand gaspillage dans les pays riches comme relevé par la FAO.  
Je pense que ce ne serait pas commettre un crime ou même encore considéré les pays pauvres de dépotoirs en acheminant par exemple gracieusement tous ces tonnes de produits alimentaires encore comestibles aux populations qui meurent de faim au lieu de les détruire. 
De toutes les façons, la viande de cheval, n’a jamais tué personne, si ce n’est que parce que sa consommation est prohibée dans certains pays européens comme l’Angleterre, pour des questions d’ordre culturel. 
Sinon pour les diététiciens et nutritionnistes, la viande chevaline est bien plus meilleure que la viande de bœuf parce qu’elle est plus pauvre en matières grasses et a une forte proportion en acides insaturés qui contribuent à diminuer le cholestérol. C’est d’ailleurs parce qu’elle contient des substances nutritives essentielles comme le fer qu’elle est recommandée aux personnes soucieuses de leur santé et de leur ligne. 
 
Clément Yao 
 
Diasporas-News Magazine N°39 de Mars 2013 

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