vendredi, octobre 22, 2021
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RDC: tirs de roquettes de l'ONU et des forces congolaises sur les mutins dans l'Est

RDC: tirs de roquettes de l'ONU et des forces congolaises sur les mutins dans l'Est

Des hélicoptères de l’armée congolaise et de l’ONU, forces qui s’étaient renforcées la veille à Goma, ont tiré des roquettes et des obus jeudi sur des positions des mutins du M23 dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Trois hélicoptères de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) et deux autres des Forces armées congolaises (FARDC) ont été vus ensemble en début d’après-midi au-dessus de la zone de Nkokwe et Bukima, à environ 50 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, où des explosions ont été entendues, selon un journalistes de l’AFP

“Nous avons effectué quelques passes” sur les positions des mutins, a confirmé en fin de journée une source onusienne à l’AFP, précisant que les tirs avaient cessé.

Les hélicoptères MI24 de l’ONU et MI25 congolais, tous pilotés par des Ukrainiens, ont tiré des obus de 30 mm et aussi des roquettes, a-t-elle ajouté.

“Les FARDC sont en train de bombarder nos positions, mais ils ne savent pas où nous sommes. Il n’y a pas de problèmes”, avait affirmé en début d’après-midi à l’AFP un colonel des mutins.

Dans la matinée, les mutins avaient souligné qu’ils n’avaient pas l’intention de menacer Goma, ville au nord de laquelle les forces onusiennes avaient déployé mercredi une dizaine de chars pour prévenir toute attaque. A Goma, capitale régionale de 500.000 habitants, la Monusco a plusieurs bases.

“Personne ne sait ce que le M23 a l’intention de faire”, avait expliqué un responsable de l’ONU mardi.

“Notre mission, ce n’est pas d’aller à Goma. Nous avons notre force mais nous sommes disciplinés”, a cependant déclaré jeudi le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23.

La zone visée se situe à la frontière ouest du parc national des Virunga, adossé à l’est au Rwanda et à l’Ouganda, où les mutins tiennent depuis mai plusieurs collines, malgré des bombardements fréquents des FARDC et de la Monusco.

Le M23 est constitué d’ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les FARDC dans le cadre d’un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009.

Les mutins réclament la pleine application de ces accords et ont commencé à faire défection en avril au Nord et au Sud-Kivu où plusieurs groupes armés toujours actifs tirent profit du trafic de minerais dont la région regorge, tout comme certains officiers des forces loyalistes et de lex-CNDP.

Le 6 juillet, les soldats rebelles ont pris Bunagana, important poste-frontière avec l’Ouganda, après des combats avec l’armée congolaise, avant de conquérir sans résistance, le 8 juillet, Rutshuru, à 70 km au nord de Goma, et d’autres localités plus au sud, jusqu’à 50 km de la capitale provinciale.

Les mutins se sont retirés depuis lundi de ces villes, mais contrôlent toujours Bunagana, situé à environ 25 km au sud-est de Rutshuru, et tout près de leurs bases dans des collines du parc national des Virunga.

Si Kigali a toujours démenti appuyer les mutins, de hauts responsables rwandais, dont le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, sont accusés d’avoir aidé directement le M23, selon un rapport d’experts de l’ONU.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé mercredi les présidents rwandais Paul Kagame et congolais Joseph Kabila pour leur demander de “poursuivre le dialogue afin de réduire les tensions et mettre fin à la crise”, ainsi que de “tout faire pour dissuader le M23 de continuer à gagner du terrain et pour mettre fin aux combats immédiatement”.

“Il y a une grande agitation diplomatique pour qu’il y ait une discussion (entre le Rwanda et la RDC). Il faut qu’il ait une discussion qui s’enclenche. Si elle s’enclenche au niveau des deux chefs d’Etat, c’est une sortie honorable pour Kabila, car une négociations avec les mutins serait terrible pour lui”, estime Thierry Vircoulon, chef de projet Afrique centrale à l’institut d’analyse des conflits International crisis group (ICG).

Le regain de violences au Nord-Kivu a provoqué le déplacement de 220.000 personnes entre avril et juin et quelques 30.000 autres se sont réfugiées en Ouganda et au Rwanda. 

AFP 

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