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Mali: Peut-on encore négocier avec la rébellion touareg?

Mali: Peut-on encore négocier avec la rébellion touareg?

Mise à jour du 30 mai 2012: En réaction à l’occupation du Nord-Mali par les rebelles touareg et islamistes, un groupe armé, le Front National de libération du nord Mali(FLNM), composé de jeunes issus du nord, vient de se créer. Ils entendent mener une guérilla dans les maquis contre les islamistes et le MNLA. Selon des sources concordantes des éléments de Ganda Koy, groupe d’autodéfense Songhaï, sont en formation dans la région de Mopti (ville du centre innocupé). Au début de la crise, ils revendiquaient 6000 combattants.***

Voilà un mouvement qui, sous prétexte d’une revendication identitaire, vient de mettre en péril l’intégrité nationale d’un pays. Pire, il vient de se transformer en un instrument de propagation d’un certain islamisme  radical en s’acoquinant avec des groupes armés tels Ansar Dine  et Aqmi.

L’histoire retiendra que, par le biais du MNLA, la première république islamique a été proclamée au cœur d’une Afrique de l’Ouest où la laïcité  était la chose la mieux partagée à l’intérieur des Etats. Imposée par le fer et le feu, cette nouvelle entité aura du mal à prospérer et à obtenir la reconnaissance internationale.

Le Nord-Mali est devenu une poudrière

Ces géniteurs s’en fichent certainement. L’essentiel pour eux, c’est d’être là, d’exister et de pouvoir agir sur un territoire qui est sous leur contrôle pour mener leurs activités d’islamisation, de rapt et de différents trafics.

Cette nouvelle coalition  entre le MNLA et le groupe Ansar Dine, qui ne cachent plus leurs accointances avec Aqmi, voit ses positions se renforcer de jour en jour. La dernière prise, cette cache d’armes de l’armée malienne, vient décupler la puissance de feu des indépendantistes.

Le Nord-Mali est devenu une poudrière, et c’est peu dire. Ce n’est peut-être pas la seule cache d’armes dans le septentrion malien. Tout cela amène à la conclusion que libérer le Nord par la force ne sera pas une partie de plaisir.

La communauté internationale va t-elle discuter avec des proches d’Aqmi?

On voit mal le Mali avec une armée en déconfiture s’aventurer dans ce bras de fer, même avec le soutien de la Cédéao. Il faudra se résoudre à des négociations serrées. Elles seront très longues et difficiles. L’autonomie que Bamako  aurait pu accorder à cette région, au nom de la paix et la cohésion nationale, n’est plus à l’ordre du jour.

La question est de savoir jusqu’où les promoteurs de la nouvelle république islamique sont-ils prêts à aller pour obtenir leur reconnaissance. La communauté internationale  peut-elle se permettre aujourd’hui de discuter avec une coalition qui, selon toute vraisemblance, est sponsorisée par le groupe terroriste Aqmi?

Le MNLA, quant à lui, vient de se mettre à découvert à travers cette coalition. Lui qui paraissait avoir ses entrées dans les chancelleries occidentales et dont les porte-paroles défilent d’un média à l’autre pour expliquer ses positions, devrait subir désormais un certain ostracisme et avoir de moins en moins pignon sur rue. L’islamisme dont il se revendique aujourd’hui n’est pas le problème. C’est cette proximité avec Aqmi qui pose problème.

Abdoulaye Tao (Le Pays)

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