vendredi, décembre 3, 2021
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Le président ivoirien Alassane Ouattara prend la tête de la Cédéao

Le président ivoirien Alassane Ouattara prend la tête de la Cédéao
Alassane Ouattara est le nouveau président en exercice de la Cédéao. Un retour remarqué de la Côte d’Ivoire sur la scène ouest-africaine. Le président ivoirien n’a pas caché sa volonté de remettre son pays au cœur de la diplomatie africaine et mondiale. La Cédéao avait soutenu Alassane Ouattara dans la crise postélectorale ivoirienne, et aujourd’hui, Yamoussoukro semble décidé à jouer un rôle actif dans la résolution des problèmes de l’Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, Ouattara renforce encore un peu plus l’axe inauguré en juillet dernier avec le président nigérian Goodluck Jonathan.

 

Démonstration d’amitié avec Nicolas Sarkozy à Paris en janvier dernier, hommage appuyé d’Hillary Clinton venue à Abidjan, il y a quelques semaines : à n’en pas douter, Alassane Ouattara a su, en peu de temps, redorer l’image d’une Côte d’Ivoire quasiment infréquentable durant une décennie. L’Eléphant ivoirien est de retour sur la scène mondiale. Et ce retour est encore plus affirmé avec l’élection du numéro un ivoirien à la tête de la Cédéao.
 

 
Alassane Ouatara, président de la République de Côte d’Ivoire

 

Alassane Ouattara, soutenu par l’organisation régionale durant la crise postélectorale entend ainsi renvoyer l’ascenseur aux pays voisins en s’impliquant dans les grands dossiers régionaux. L’axe Nigeria-Côte d’Ivoire n’a jamais été aussi fort et permettra de renforcer le rôle et l’efficacité de la Cédéao dans la résolution des crises régionales. Cette implication de Ouattara dans l’espace régional est une rupture totale avec l’ère Gbagbo. L’ancien président, réputé plus isolationniste, s’appuyait en fait davantage sur l’Union africaine, via l’Afrique du Sud, que sur les pays proches, où il avait finit par s’attirer quelques inimitiés durables.

Alassane Ouattara fait lui le pari d’un pays ouvert et globalisé dans sa diplomatie. Un choix dicté aussi par l’espoir d’attirer les investisseurs étrangers. Deuxième puissance économique de l’espace Cédéao, première économie de la zone franc, la Côte d’Ivoire ambitionne d’ici dix ans de devenir un dragon africain, sur le modèle des pays asiatiques.
Consécration du couple ivoiro-nigérian
L’Europe a son couple franco-allemand, l’Afrique de l’Ouest a désormais son couple ivoiro-nigérian. Le sommet de la Cédéao a consacré ce qui se profilait depuis la visite d’Alassane Ouattara à Abuja en juillet dernier, la création d’un axe inédit.
L’histoire des relations bilatérales entre les deux pays a souvent été marquée par la méfiance, notamment lors de la guerre du Biafra. Abuja a souvent considéré la Côte d’Ivoire comme le prolongement de la diplomatie française, tandis que le pays d’Houphouet Boigny percevait le géant nigérian comme un danger. L’époque a changé. L’axe Yamoussoukro-Abuja est désormais une nécessité pour les deux présidents. Alassane Ouattara ne veut pas commettre l’erreur de Laurent Gbagbo.
Il entend structurer la Cédéao afin de renforcer son propre poids sur la scène mondiale. C’est aussi le pari de Goodluck Jonhatan qui, de son côté, a besoin d’un socle de pays solidement alliés afin d’affirmer ses ambitions au Conseil de sécurité des Nations unies. Le Nigeria brigue un poste de membre permanent. Les deux hommes savent aussi qu’une Cédéao plus unie sera en mesure de mieux résoudre les crises qui tiraillent le Sahel. Du terrorisme aux questions de sécurité alimentaire, l’heure est à l’urgence et donc à la solidarité.

 

Le président ivoirien Alassane Ouattara prend la tête de la Cédéao
Le poste de secrétaire exécutif de la Cédéao était occupé par intérim depuis près de deux ans par le Ghanéen James Victor Gbeho depuis le départ de Mohamed Ibn Chambas.
Un interim qui s’est prolongé en raison du bras de fer que se livraient à l’époque le Sénégal et les autres pays membres qui étaient plusieurs à revendiquer ce poste.
Kadré Désiré Ouédraogo doit sa désignation à un autre marchandage, celui que se ensuite sont livrés le Bénin et le Burkina Faso lors du dernier sommet de l’Union Africaine, à Addis-Abeba, en janvier.  Le Bénin a en effet accepté de passer son tour pour le secrétariat exécutif de la Cédéao, en échange de la présidence en exercice de l’Union africaine pour l’année 2012.
A 59 ans, Kadré Désiré OUEDRAOGO a la réputation d’être un technocrate chevronné, et rompu aux arcanes des organismes internationaux et de la diplomatie.
Diplômé de la prestigieuse école de commerce française, HEC (Hautes études commerciales), il a déjà travailé à la Cédéao, à la fin des années 80, avant de rejoindre la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest en tant que vice-gouverneur.
Nommé Premier ministre du Burkina Faso en 1996, il occupera ce poste jusqu’au début de l’année 2000. Il quitte alors Ouagadougou pour Bruxelles, où il occupait jusqu’à ces derniers jours le poste d’ambassadeur.

RFI

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