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Bordeaux restitution objets africains : la ville refuse un legs

Bordeaux — Culture

La Ville de Bordeaux a officiellement refusé, le 1er juin 2026, un legs de 53 objets d’art africains, ouvrant la voie à leur restitution à leurs pays d’origine. Cette collection, léguée par une ancienne sage-femme décédée en 2022, comprend des pièces du Gabon, du Nigeria, du Niger, de Côte d’Ivoire, de RDC, du Burkina Faso et du Togo.

Un legs refusé pour permettre la restitution

La Ville de Bordeaux, qui s’était vu léguer par testament une collection privée, a décidé de refuser cet héritage. Elle a refusé officiellement, le 1er juin 2026, un legs de 53 biens culturels originaires de sept pays africains, principalement du Gabon, qui est en passe de récupérer les siens. Une ancienne sage-femme, Marie-Thérèse Petit, ayant exercé dans certains de ces pays et décédée en 2022, avait légué à la municipalité sa collection composée d’objets d’art et d’un lot de bijoux et accessoires touaregs, estimés au total à 30 810 €.

Née Deleigne, Marie-Thérèse Petit était sage-femme. Avec son époux Jacques Petit, chirurgien, elle a vécu au Togo, au Gabon et au Niger de 1947 à 1982, avant de rentrer en France. Les objets d’art qu’elle a amassés sont originaires de ces pays, ainsi que de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et de République démocratique du Congo.

Le Gabon, le Nigeria et la Côte d’Ivoire déjà candidats

Ces biens sont conservés depuis au Musée d’Aquitaine. L’ancienne municipalité écologiste avait engagé des discussions avec le musée national des Arts, Rites et Traditions à Libreville, qui a confirmé en 2023 sa volonté de récupérer 33 pièces venant du Gabon.

La Côte d’Ivoire (7 biens) et le Nigeria (13 biens) ont aussi manifesté leur intérêt. Les quatre autres pays concernés auront deux ans pour se manifester à leur tour, selon la délibération votée par le conseil municipal.

« La Ville de Bordeaux souhaite promouvoir une politique muséale responsable, éthique et concertée, dans le respect des droits culturels et des principes de coopération internationale », a déclaré le maire Renaissance de Bordeaux, Thomas Cazenave, élu en mars 2026. « Le rôle d’un musée au XXIe siècle n’est pas seulement de conserver mais aussi de dialoguer, de partager, de transmettre. »

Pour récupérer ces biens, les pays concernés devront engager des démarches auprès du notaire en charge de la succession de Marie-Thérèse Petit.

Une loi-cadre pour faciliter les restitutions

Depuis le 7 mai 2026, le Parlement français a adopté une loi-cadre facilitant les restitutions d’œuvres pillées durant la colonisation française, réclamées depuis des années par plusieurs pays africains. Cette loi concrétise une promesse faite par le président Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017.

Depuis cette promesse, les restitutions sont restées rares : en 2020, 26 trésors d’Abomey avaient été rendus au Bénin et le sabre d’El Hadj Omar au Sénégal ; en février, un « tambour parleur » a été restitué à la Côte d’Ivoire. La loi récemment adoptée devrait permettre d’en faciliter de nouvelles. Le refus du legs de Bordeaux ne s’inscrit toutefois pas dans ce cadre légal.


MIB

Légende photo : La décision de la Mairie de Bordeaux vise à promouvoir une « politique muséale responsable » dans le respect des principes de coopération internationale.

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