lundi, septembre 20, 2021
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Mali : les véritables alliés

Mali : les véritables alliés
Le coup de poker raté des djihadistes

 « La meilleure défense, c’est l’attaque » : les islamistes ont appliqué ce précepte inventé par le général chinois Sun Tzu (VIème siècle av. J.-C.) en franchissant la ligne de démarcation séparant le sud du Mali de sa partie septentrionale. En deux jours de combat, les positions tenues par ce qui restait de l’armée malienne sont enfoncées : Gao et Konna sont tombées. Le président par intérim Diacounda Traoré sonne le tocsin. Mais la France en dépit d’une résolution onusienne n°2085, votée le 20 décembre dernier, s’entoura encore de précautions pour éviter de se faire taxer de colonialiste. D’abord, que l’appel « au secours » du Mali soit rédigé et lui soit adressé avec une copie pour l’ONU. Parallèlement, le président français prend son téléphone afin de prévenir plusieurs chefs d’Etats africains de ses intentions : intervenir immédiatement pour empêcher la progression islamiste, éviter ainsi la prise de Sévaré puis Mopti et pourquoi pas Bamako en quelques jours ! L’objectif des djihadistes étaient d’occuper le sud du Mali avant l’arrivée des forces africaines. Ils regretteront encore pour longtemps cette offensive suicidaire car ils avaient sous-estimé la réaction de la communauté internationale et surtout de la France. 

 
Ainsi s’engagea officiellement l’opération « serval ». Dès la nuit du 10 au 11 janvier, la présence de soldats étrangers blancs ont été signalés, par des témoins, à proximité de l’aéroport de Sévaré. L’état-major français a déjà préparé et planifié de longue date cette intervention mais la stratégie des islamistes a quelque peu modifié le scénario car la France ne voulait pas se trouver en première ligne. Nul ne saura l’exactitude de la date d’entrée en guerre. Certes, les soldats maliens qui patrouillaient à Konna furent surpris par la fulgurance de l’attaque des djihadistes qui se sont fondus au sein de la population. Mais les Français et les Américains ne peuvent ignorer un mouvement de quelques dizaines de véhicules dans le désert. Ils surveillent, de jour comme de nuit, le Sahel depuis au moins six ans avec des drones et des avions espions de type Pilatus. D’ailleurs, depuis l’occupation du Nord, plusieurs drones ont été aperçus au-dessus des villes comme Kidal, Tomboctou et Gao. Et le 29 juillet dernier, un drone de l’armée française aurait été abattu dans la région d’Essouk (du côté de Kidal) par AQMI. Il surveillait de trop près une caserne que les gendarmes maliens ont abandonnée et qui servait de centre de commandement aux islamistes. Peu de temps après son crash, un avion aurait bombardé le reste calciné de l’appareil ; manœuvre destinée à effacer les débris. Enfin, la précision des frappes aériennes, destinées à préparer l’avancée des blindés et l’infanterie, sont encore une fois la preuve éloquente que tous les objectifs ont été répertoriés longtemps à l’avance. L’aviation française, en 15 jours de bombardement, a détruit tous les centres de commandement, dépôts d’armes et de munitions de Gao à Kidal en passant par Diabaly et Tombouctou.  

« La meilleure défense, c’est l’attaque » : les islamistes ont appliqué ce précepte inventé par le général chinois Sun Tzu (VIème siècle av. J.-C.) en franchissant la ligne de démarcation séparant le sud du Mali de sa partie septentrionale. En deux jours de combat, les positions tenues par ce qui restait de l’armée malienne sont enfoncées : Gao et Konna sont tombées. Le président par intérim Diacounda Traoré sonne le tocsin. Mais la France en dépit d’une résolution onusienne n°2085, votée le 20 décembre dernier, s’entoura encore de précautions pour éviter de se faire taxer de colonialiste. D’abord, que l’appel « au secours » du Mali soit rédigé et lui soit adressé avec une copie pour l’ONU. Parallèlement, le président français prend son téléphone afin de prévenir plusieurs chefs d’Etats africains de ses intentions : intervenir immédiatement pour empêcher la progression islamiste, éviter ainsi la prise de Sévaré puis Mopti et pourquoi pas Bamako en quelques jours ! L’objectif des djihadistes étaient d’occuper le sud du Mali avant l’arrivée des forces africaines. Ils regretteront encore pour longtemps cette offensive suicidaire car ils avaient sous-estimé la réaction de la communauté internationale et surtout de la France. 
 
Ainsi s’engagea officiellement l’opération « serval ». Dès la nuit du 10 au 11 janvier, la présence de soldats étrangers blancs ont été signalés, par des témoins, à proximité de l’aéroport de Sévaré. L’état-major français a déjà préparé et planifié de longue date cette intervention mais la stratégie des islamistes a quelque peu modifié le scénario car la France ne voulait pas se trouver en première ligne. Nul ne saura l’exactitude de la date d’entrée en guerre. Certes, les soldats maliens qui patrouillaient à Konna furent surpris par la fulgurance de l’attaque des djihadistes qui se sont fondus au sein de la population. Mais les Français et les Américains ne peuvent ignorer un mouvement de quelques dizaines de véhicules dans le désert. Ils surveillent, de jour comme de nuit, le Sahel depuis au moins six ans avec des drones et des avions espions de type Pilatus. D’ailleurs, depuis l’occupation du Nord, plusieurs drones ont été aperçus au-dessus des villes comme Kidal, Tomboctou et Gao. Et le 29 juillet dernier, un drone de l’armée française aurait été abattu dans la région d’Essouk (du côté de Kidal) par AQMI. Il surveillait de trop près une caserne que les gendarmes maliens ont abandonnée et qui servait de centre de commandement aux islamistes. Peu de temps après son crash, un avion aurait bombardé le reste calciné de l’appareil ; manœuvre destinée à effacer les débris. Enfin, la précision des frappes aériennes, destinées à préparer l’avancée des blindés et l’infanterie, sont encore une fois la preuve éloquente que tous les objectifs ont été répertoriés longtemps à l’avance. L’aviation française, en 15 jours de bombardement, a détruit tous les centres de commandement, dépôts d’armes et de munitions de Gao à Kidal en passant par Diabaly et Tombouctou.
 
Où sont les partenaires de la France ?
 
La France et l’Allemagne viennent de célébrer leur 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée scellant l’amitié entre les deux pays. Et les propos du député trublion Daniel Cohn-Bendit dans l’hémicycle du parlement européen face à madame Catherine Asthon, chef de la diplomatie de l’UE résument la limite de la solidarité de l’Europe : «  nous sommes concernés, tout le monde dit nous, mais il n’y a que des soldats français là-bas (…) On dit aux français : on va vous donner les infirmières et aller vous faire tuer au Mali ». La chancelière Angela Merkel a dit que leurs avions de combat n’ont pas de certification pour ce genre d’intervention ! L’excédent commercial allemand est-il uniquement dû à la bonne santé de son secteur automobile ? Le complexe militaro-industriel y contribue significativement. Berlin facture à Alger annuellement environ 2 milliards d’€uros pour ses vent
es d’armes en contrepartie d’importation de gaz. Quant à la Grande-Bretagne, après avoir fustigé l’Algérie sur sa méthode musclée sans concertation au moment de la libération des otages du complexe gazier d’In Amenas, elle vient de signer un accord militaire pour lutter contre le terrorisme. Le premier ministre David Cameron a fait le déplacement à Alger pour la circonstance.          

Mali : les véritables alliés
USA : mise à la retraite d’office du général William « Kip » Ward de l’Africom
Les Etats-Unis se sont emmêlés les pinceaux au moment où la France rentrait en guerre au Mali. Le patron de l’AFRICOM, le général 4 étoiles William « Kip » Ward est mis à la retraite et rétrogradé lieutenant-général. Il aurait utilisé à des fins personnelles un avion de fonction en se faisant accompagner plusieurs fois par sa femme. De plus, il devra rembourser la bagatelle de 82.000 $ pour ses mêmes raisons.
Mais ceci-dit, les Etats-Unis ont toujours été présents dans le désert du Sahara, depuis que le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) algérien s’est métamorphosé en AQMI, il y a maintenant 6 ans. Les Américains ont toutes les difficultés du monde à trouver un pays accueillant pour pouvoir installer une base sur le continent. Depuis le double attentat des ambassades Américaines de Nairobi et de Dar-Es-Salam en 1998, les chefs d’Etat opposent toujours un refus poli à l’oncle Sam. Quand bien même obtiennent-ils le feu vert, ils ne peuvent prétendre qu’à des petites unités – comme le sandcreeks de l’aéroport d’Ouagadougou – très discrètes. Ainsi la base de l’AFRICOM se trouve à Stuttgart (Allemagne). Barack Obama a officiellement déclaré qu’il allait mettre à la disposition de la France des avions ravitailleurs pour ses avions de combat. Pour les drones, les deux pays mutualisent leurs appareils de surveillance au-dessus du Sahel depuis au moins six mois. Et dire que les Américains ont savonné la planche des Français au Mali, en monopolisant l’instruction de l’armée malienne. En effet, des centaines de soldats maliens ont effectué des stages aux USA dont un certain capitaine Amadou Haya Sanogo. Certains éléments touaregs de l’armée malienne qui ont suivi cette formation ont déserté pour gonfler les rangs du MNLA. Combien parmi eux, ont été ensuite « achetés » par les radicaux d’Ansar Dine ?  

50 années d’indépendance et toujours pas de Gendarmerie en Afrique
 
Il y a un an, un drame se nouait à Aguehlok, une ville située à 170 km au Nord de Kidal. La coalition composée du MNLA, d’Ansar Dine d’Iyad Ad Ghaly et les milices AQMI d’Abou Zeid lançait une contre-offensive à la suite de l’attaque de l’armée malienne, deux semaines plutôt et qui avait fait 18 victimes islamistes. Les renforts venus de Gao, dirigés par le colonel Mohamed Ould Meidou, ont été contraints de faire demi-tour. La ville tomba entre les mains des djihadistes, le 24 janvier. Quelques jours plus tard, un charnier a été découvert. Il s’agissait d’une centaine de militaires maliens les mains ligotées et froidement assassinés à l’arme blanche ou par balles. Et pendant ce temps-là, monsieur Jean Ping et madame Nkosazana Dlamini-Zuma se disputaient le fauteuil de président de la commission de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba. Pour rajouter à l’incongruité de la situation, cette bataille de chiffonnier s’est déroulée dans le nouveau siège financé par les chinois pour la modique somme de… 150 millions $ ! Le président malien Amadou Toumani Touré (ATT), dont le territoire est envahi par les islamistes, a préféré rester à la maison plutôt que d’aller demander de l’aide à la tribune de l’UA ; de peur sans doute de gâcher cette fête !
Le nerf de la guerre
Le continent a maintenant atteint l’âge de la raison après un demi-siècle d’indépendance. Force est pourtant de constater que nous n’avions toujours pas de force d’interposition digne de ce nom pour gérer nos conflits continentaux. Nos armées ont sans doute été dévoyées de leur rôle premier pour les utiliser à des fins de putsch. Combien de nos chefs d’Etat depuis les Indépendances étaient issus des casernes. Et même ceux en exercice aujourd’hui ?
Mais la raison principale de cette carence est le financement de cette force d’interposition. Le siège de notre future gendarmerie – le bâtiment du Conseil de Paix et de Sécurité – a été financé grâce à une contribution allemande de 30 millions $. Rappelons que le budget annuel de l’UA est d’environ 220 millions $ soit 0,01% du PIB cumulé des 53 Etats. Les Etats les plus nantis ne peuvent-ils pas contribuer un peu plus ? Nos amis du Maghreb et l’Egypte, capables d’emmener leur expertise, ont tendance à porter leur regard vers la Méditerranée plutôt que vers le Sud.
En 2004, nous décidions d’intervenir au Darfour avec la Mission de l’Union Africaine au Soudan (AMIS). L’Union Européenne a mis la main à la poche à hauteur de 450 millions €uros. Incapable d’enrayer le cycle de violences, les Nations-Unies nous relayèrent avec la MINUAD en 2008 : 20.000 hommes à 820 millions €uros par an. De même qu’en 2007 en Somalie, la mise en place de l’AMISON est un chantier titanesque : 12.000 hommes composés essentiellement de contingents burundais, ougandais et kenyans. Et c’est encore l’ONU et l’UE qui payent les 300 millions €uros annuels.
Nous sommes en janvier 2013, le président en exercice de la CEDEAO Alassane Ouattara ainsi que le béninois Yayi Boni président de l’UA Africaine (2012) ont été reçus par la chancelière Angela Merkel pour solliciter de l’aide pour la MISMA (force africaine pour le Mali). Elle consent à fournir une aide logistique pour les transports de troupe mais pour les sous c’est « nein ! ». Le « Malithon » ou conférence des donateurs a pu récolter une promesse d’aide financière de 455 millions $. Or les planificateurs et les experts de l’état-major intégré de la MISMA estiment le coût de la reconquête du Nord Mali à 900 millions $ ; ce qui équivaut au déploiement et une montée en puissance de 8.000 hommes.     

Mali : les véritables alliés
Le Sommet d’Addis-Abeba était placé sous le signe d’un silence gênant. Encore une fois, la France, ex-puissance coloniale, est venue délivrée le Mali. Le président Jacob Zuma, à la tête de la première puissance économique du contient préfère envoyer 200 hommes en République Centrafricaine pour les intérêts vitaux (or, pétrole, uranium) de son pays. Pire encore, le chantre du panafricanisme, adepte de la solution « africaine » des conflits, a torpillé le projet du Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon. Celui-ci voulait en effet renforcer la mission des casques bleus dans l’Est de la RDC pour éradiquer définitivement cette instabilité chronique. Et la signature de ce plan de Paix, prévue à Addis-Abeba, a été reportée sine die car la SADC (communauté de développement économique d’Afrique Australe) n’aurait pas été mise dans la boucle.
 
 
Epilogue
 
Au cours d’une conférence de presse à Rabat en novemb
re dernier, le représentant au Sahel de l’ONU monsieur Romano Prodi estimait doctement, après avis d’experts, que « la meilleure fenêtre de tir pour une intervention au Nord Mali serait le mois de septembre 2013 ». Ont-ils entendu la souffrance de la population dans les zones occupées ? En moins de trois semaines, la première phase de l’opération « serval » est un succès. Les islamistes se sont repliés au Nord de Kidal et se sont évanouis au-delà de Tinzaouaten, dans les montagnes rocailleuses.
Autant de questions restent en suspens, et prendront encore du temps avant d’être résolues. Faut-il aller les déloger ? Comment gérer les flux de déplacés dans les pays limitrophes ? Quid du retour à l’ordre constitutionnel et l’intégration des Touaregs au sein de la République du Mali ?
 
Alex ZAKA 
Paru dans le Diasporas-News Magazine n°38 de Février 2013 
 

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