mardi, octobre 19, 2021
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L'ex-président zambien Banda se dit "persécuté" par le nouveau pouvoir

L'ex-président zambien Banda se dit
L’ex-président zambien Rupiah Banda, battu aux élections de septembre par Michael Sata, s’est dit jeudi “persécuté” par le nouveau pouvoir, et a dénoncé la dissolution de son parti la veille comme une grave atteinte à la démocratie. “Je me sens vraiment persécuté”, a déclaré devant la presse l’ex-chef de l’Etat, âgé de 75 ans, dont plusieurs proches, y compris sa femme et son fils, font l’objet d’enquêtes des autorités anti-corruption.
Mercredi, son parti, le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD), défait en septembre après 20 ans de pouvoir, a été dissous pour des raisons administratives, officiellement pour n’avoir pas payé ses frais d’enregistrement depuis 1993, et laissé une ardoise de quelque 390 millions de kwachas (56.800 euros).
Jeudi matin, le trésorier du MMD a montré des reçus, affirmant qu’il s’agissait de preuves que le parti avait bien payé ses frais depuis 1992. Ses avocats ont fait appel d’une dissolution qui risque de lui coûter ses 53 élus au parlement (sur 150 sièges).
“Retirer notre accréditation, c’est supprimer la liberté du peuple de Zambie (…) Le monde ne va pas nous respecter si nous ne voulons pas de la démocratie”, a lancé Rupiah Banda, qui a confirmé dans la foulée sa démission de la tête du parti, une démarche décidée de longue date, et non liée à la dissolution.
“Nous, peuple de Zambie, voulons que tous les partis soient traités équitablement. C’est une erreur de retirer l’accréditation à notre parti, et quiconque approuve cela comprend très bien quelle est la signification réelle. Personne ne peut dire que le MMD n’est pas un grand parti”.
L’association des avocats de Zambie a également dénoncé la décision: “Le MMD est le plus important parti d’opposition dans le pays, et lui retirer son accréditation (…) affaiblit la démocratie”, a déclaré le président de l’association James Banda (sans lien de parenté avec l’ex-président). “Cette décision est précipitée, irresponsable et contraire à l’intérêt général.”
Sans donner de consigne précise, M. Banda a appelé ses partisans à ne pas baisser les bras: “Nous ne pouvons pas accepter que notre parti tombe dans l’oubli, a-t-il martelé, malgré toutes les polémiques, les procès et les tribulations, l’alternance est inévitable, nous pouvons rebondir. Cela arrivera si nous restons unis”.
L’ex-président est également revenu sur les accusations dont fait l’objet son fils Henry, actuellement en fuite et recherché par la police. “Il va bien, et il n’est pas au Kenya comme on a pu le dire. C’est un mensonge de dire qu’il est au Kenya”, a-t-il déclaré, tout en se gardant de dire dans quel pays il se trouve.
Il a aussi mentionné les rumeurs de levée de son immunité présidentielle, avec une part de fatalisme: “Je ne suis plus au pouvoir, alors allez-y si ça vous chante, mais ce que je peux dire, c’est que mon bilan est public, tout le monde peut le voir”.
La croisade anti-corruption lancée par Michael Sata vise non seulement l’épouse et le fils de M. Banda, mais aussi d’anciens ministres de son gouvernement.
Au cours de la même conférence de presse, la présidente de la section féminine du MMD, Catherine Namugala, a annoncé que ses adhérentes avaient prévu de manifester samedi contre la décision de dissoudre le parti.
“Nous allons manifester samedi, la poitrine à moitié couverte seulement, pour montrer que nous ne sommes pas contentes. Le mieux que le chef de l’Etat puisse faire, c’est de réinstaller le MMD en tant que parti d’opposition”, a déclaré Mme Namugala.

AFP

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