lundi, septembre 20, 2021
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La Grèce confie son salut à un banquier central

La Grèce confie son salut à un banquier central
La Grèce a mis fin jeudi à un suspense de quatre jours entre farce et politique, en confiant à l’ex vice-président de la Banque centrale européenne la tâche de former un gouvernement de coalition avec la mission de sauver le pays de la faillite, et éviter sa sortie de l’euro.  Dès sa première déclaration publique, Lucas Papademos, 64 ans, qui deviendra le nouveau Premier ministre en remplacement du socialiste Georges Papandréou a estimé que l’avenir de la Grèce est dans l’euro, même si sa situation actuelle, à un “carrefour crucial”, est très difficile.
Il a appelé à “l’unité et la coopération” des partis pour mener à bien la difficile tâche qui l’attend, mais s’est par contre abstenu de préciser quelle sera la durée exacte de son gouvernement, dont la droite souhaite qu’il débouche sur des élections anticipées “rapides”.
Quasi simultanément, l’Union européenne, principal créancier du pays au bord de la faillite, l’a exhorté –dans un communiqué conjoint de son président et du chef de la Commission, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso — à rassurer ses partenaires quant aux engagements de rigueur d’Athènes pour réduire dette et déficits.
 La mission de M. Papademos a d’ailleurs été définie exactement sur cette ligne par les trois partis de la majorité socialiste et de l’opposition de droite qui l’ont porté au pouvoir. Ils sont convenus qu’il devra “mettre en oeuvre les décisions du sommet de la zone euro du 26 octobre et la politique économique liée à ces décisions”, a précisé la Présidence de la République.
En clair, mener à bien -et de front- deux gigantesques chantiers: poursuivre les mesures d’assainissement budgétaires et boucler les négociations avec les banques détentrices de dette grecque pour réduire de 100 milliards d’euros son montant de plus de 350 milliards.
Le nom du ministre-clé des Finances qui devra le seconder dans cette tâche restait inconnu jeudi soir.

La Grèce confie son salut à un banquier central
 A ce prix, avec les nouveaux sacrifices qui en découleront pour les Grecs, le pays peut espérer être sauvé dans l’immédiat de la faillite, en décrochant enfin avant la date-limite du 15 décembre le versement de nouveaux prêts cruciaux de 8 milliards d’euros, et à terme rester dans la zone euro.
Dans l’attente, la Grèce s’enfonce dans la récession comme l’ont montré des chiffres publiés jeudi à Bruxelles.
Jeudi soir, alors qu’une manifestation du syndicat communiste Pame se préparait dans le centre d’Athènes pour dénoncer le choix d’un Premier ministre dicté par “la ploutocratie et l’UE”, le patronat grec saluait lui le choix de M. Papademos.
Le patronat a fait valoir que ce technocrate socio-libéral, qui passe pour avoir été le moteur intellectuel de la BCE aux côtés de Jean-Claude Trichet, et fut l’un des artisans de l’arrimage de la Grèce à l’euro au poste de gouverneur de la Banque de Grèce, constitue le “dernier espoir” pour le pays. A condition d’un “soutien” des Grecs.

La Grèce confie son salut à un banquier central
Le compromis inter-partis sur M. Papademos a conclu quatre jours d’intenses tractations politiques, suivies avec inquiétude par l’UE et le FMI qui réclamaient une solution politique “claire” à l’imbroglio noué le 31 octobre par M. Papandréou avec son projet, avorté, de référendum sur le plan européen de désendettement.
En vue de la prestation de serment prévue vendredi à 12H00 GMT de la nouvelle équipe, majorité socialiste et opposition de droite ont entamé jeudi soir une nouvelle réunion pour nommer les ministres.
Depuis dimanche, et le ralliement de la droite à l’idée d’un gouvernement de coalition en échange du départ de Papandréou, poussé vers la sortie par la grogne anti-austérité de la rue et au sein de son parti, les tractations se sont déroulées dans une atmosphère électrique, entrecoupées de rumeurs.
Le point d’orgue de cette tragico-comédie relayée en direct par les télévisions est intervenu mercredi soir, lorsque les discussions ont brusquement tourné court, toujours en mondiovision, au risque de laisser le pays sans direction et au bord du gouffre.
M. Papandréou et son rival conservateur Antonis Samaras venaient apparemment de conclure un accord à minima pour désigner un apparatchik socialiste, président du Parlement sans expérience internationale au poste de nouveau Premier ministre, mais une bronca de membres de leurs bases respectives les en a dissuadés.
Pendant ce temps à Pékin, la directrice générale du FMI Christine Lagarde réclamait une nouvelle fois une “clarification politique” en Grèce ainsi qu’en Italie, alors que les bourses dans le monde entier étaient bousculées par l’incertitude politique dans ces deux pays européens au coeur de la crise de la dette publique.
En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a souhaité jeudi “tout le succès possible” à quiconque prendra les rênes du gouvernement en Grèce tout en affirmant que le “seul objectif” de l’Allemagne depuis le début de la crise, était de “stabiliser la zone euro dans sa forme actuelle”.
Jeudi soir, dans le centre d’Athènes, l’avocat quinquagénaire Evthymios Mavridis, estimait que M. Papademos “est à la hauteur du poste” et qu’il est “un bon choix pour la Grèce” tandis que pour Athanasios Thedosis, 43 ans: “les pions changent mais le jeu reste le même”.

AFP

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