Célébration : Journée internationale de la Francophonie : Le Français-Ivoirien en vedette à Paris

Remise du 4ème prix de l'innovation dans les médias à OIF ©Cyril Bailleul/OIF

Les pays ayant en commun la langue française ont célébré le 20 mars, la journée internationale de la Francophonie. Depuis le siège de l’OIF à Paris, la fête a été totale et rythmée par plusieurs activités.

Le printemps a commencé en fanfare au 19-21 rue Bosquet à Paris, siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le mercredi 20 mars. C’était à la faveur de la Journée internationale de la Francophonie. L’OIF qui arborait ses habits de gala, recevait un public diversifié mais heureux qui avait investi la salle Léopold Sédar Senghor pour suivre religieusement la conférence publique animée par la journaliste, écrivaine Fawzia Zouari autour du thème : « Langue française dans le monde : données nouvelles ». Face au public, le linguiste ivoirien Jean-Martial Kouamé, le Mauricien Rada Tirvassen et la Suissesse Marinette Matthey, du comité scientifique de l’Observatoire de la langue française, ont éclairé plusieurs lanternes. Amusé, le public a esquissé de nombreux sourires durant le speech du professeur à l’Université de Cocody, Jean-Martial Kouamé. En effet, très en verve, il a révélé l’humour teinté de caricatures du langage Ivoirien. Comment ? « En Côte d’Ivoire, on appelle une personne très mince Flêkê-Flêkê », a-t-il commencé par révéler. Aussi loufoque qu’il puisse paraître, le Français-Ivoirien surnommé Nouchi et qui se greffe aux patois du pays a conquis tout un continent. Morceaux choisis par le conférencier : « Connaisseur connaît, Gaou passe pour dire Idiot une fois mais pas deux ou encore Avoir deux bouches pour fustiger la duplicité d’une personne capable de dire une chose le matin et le contraire le soir ». Mais l’expression ivoirienne qui aura suscité le plus d’intérêt reste « Faut pas mettre du sable dans mon attièkè pour dire Ne pas me gâcher ma fête ». Il a tenu à souligner qu’en Côte d’Ivoire, « la langue française est en progression fulgurante. On l’acquiert soit à l’école, en famille ou dans l’espace public. En guise de dessert, il a lâché « on appelle celui qui fête son anniversaire L’anniversaireux ou L’anniversaireuse… ».

Pour sa part, Marinette Matthey, Professeure des Sciences du langage à l’Université de Grenoble a confié que la langue française compte un pourcentage élevé de locuteurs en Afrique et reste la seconde langue étrangère apprise au monde. Enseigner dans tous les pays du monde, le Français, toujours selon Marinette Matthey, « le quart des 6000 langues parlées dans le monde est en contact avec la langue française ». Chercheur à l’Université de Pretoria, Ravin Tirwassen confirme que le centre de gravité de la langue française sera l’Afrique en 2050. « L’instrument de diffusion de la francophonie en Afrique sera l’école. L’école constitue un outil qualitatif ». Dernier sujet évoqué, la force tranquille des langues maternelles en Afrique. Véritables forces tranquilles, le Wolof (Sénégal), le Bambara (Mali), le Mooré (Burkina Faso), le Lingala (Congo) et le Swahili (Kenya, Ouganda, Tanzanie) ont la peau dure. Une menace pour la langue française classée cinquième mondiale derrière le Mandarin, l’anglais, l’Espagnol et l’Arabe ? Pas sûr.

Une chose est certaine, comme le printemps qui augure de belles récoltes, la langue française, comptant plus de 300 millions de locuteurs, devrait continuer de nous faire devenir l’autre en restant nous-mêmes.

Vêtue d’une robe colorée lors de la remise de la 4ème édition du prix de l’innovation dans les médias, la nouvelle Secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo, a quant à elle laissé ce message : « Vous avez la chance de parler l’une des langues phares du monde, saisissez-la ! Faites preuve d’imagination et de créativité, en français ! ».

Guy-Florentin Yameogo pour Diasporas-News