La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU a été officiellement déposée le 2 mars 2026, par le Burundi, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine. Malgré les controverses et les défis judiciaires auxquels il devra faire face au Sénégal, la candidature de Macky Sall est vue comme sérieuse et revêt « une signification symbolique et même stratégique pour le continent ».
La candidature de Macky Sall a été officiellement déposée le 2 mars 2026, au siège de l’ONU, à New York, par le Burundi, qui assure la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Une démarche inhabituelle, car initiée par un pays qui n’est pas celui de l’ancien président du Sénégal (2012 -2024), pourtant désormais candidat désigné par l’Union africaine pour succéder à António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026.
Le 3 mars 2026, un collectif de syndicats, de partis politiques et d’organisations de la société civile, a adressé de son côté, une lettre au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, pour solliciter le soutien officiel du Sénégal à la candidature de l’ancien chef d’État. Portée par Oumar Sarr, coordonnateur du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République, cette initiative réunit huit organisations importantes du paysage syndical et politique sénégalais.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique initiée lors du sommet de l’UA de février dernier, à Addis-Abeba, en Éthiopie, où les chefs d’État africains ont examiné la question du soutien continental à Macky Sall. Si pour l’heure les autorités sénégalaises n’ont pas formulé de soutien officiel à la candidature de Macky Sall, cette dernière divise très profondément la classe politique locale, et constitue l’un des sujets majeurs du débat public depuis plusieurs mois.
La candidature de Macky Sall intervient alors qu’il fait face à des poursuites judiciaires au Sénégal, où le nouveau gouvernement l’accuse d’avoir dissimulé des données économiques (dette publique, déficit budgétaire) pendant son mandat. Plusieurs de ses proches sont également visés par des enquêtes pour corruption.
Pour le moment, l’ancien président Macky Sall n’a fait l’objet d’aucune condamnation. Sur un plan strictement juridique, rien ne permet donc, pour l’instant, d’affirmer qu’il n’est pas « apte » à diriger une institution comme l’ONU. « Le fait qu’un Sénégalais, un Africain, puisse se retrouver à la tête d’une institution comme l’ONU, a forcément une signification symbolique et même stratégique pour le continent et le Sénégal. L’Afrique devrait donc s’unir pour soutenir une telle candidature », estime Elimane Haby Kane.
Le soutien officiel de l’Union africaine à la candidature de Macky Sall, est la preuve que les chefs d’État du continent parlent d’une seule voix, même s’il existe en leur sein des avis divergents. C’est aussi un succès personnel pour Macky Sall qui, dès la fin de son second mandat à la tête du Sénégal, s’est lancé dans une intense campagne de lobbying, afin de briguer ce poste de secrétaire général des Nations unies.
Cependant, la concurrence sera rude pour Macky Sall. Il devra notamment affronter l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l’Argentin Rafael Grossi, actuellement à la tête de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, ou encore l’ancienne vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan, dont la candidature a été annoncée officiellement ce mardi 3 mars 2026.
Les candidats doivent posséder « les plus hautes qualités d’efficacité, de compétence et d’intégrité, ainsi qu’un engagement ferme envers les buts et principes de la Charte des Nations Unies ». C’est en 2015 que l’Assemblée générale a adopté la résolution relative à l’actuelle procédure de sélection et de nomination au poste de secrétaire général des Nations Unies. Celle-ci est « plus transparente, ouverte et inclusive ».
Des échanges avec les candidats sont prévus à l’Assemblée générale durant la semaine du 20 avril 2026. Les délibérations du Conseil de sécurité devraient commencer avant fin juillet 2026, pour une nomination avant le 31 décembre 2026. La tradition pas toujours suivie de rotation géographique, pourrait favoriser un candidat latino-américain. De nombreux États plaident également pour qu’une femme occupe pour la première fois ce poste. Néanmoins, avec Macky Sall, l’Afrique entend bien peser dans la balance.
Lamine ThiamLégende : La concurrence sera rude pour Macky Sall

