Le partenariat entre la République démocratique du Congo et l’AS Monaco fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire. Le parquet de Monaco a ouvert une enquête préliminaire le 3 mars 2026, après une plainte déposée par des citoyens congolais évoquant de possibles malversations.
Un partenariat sportif au cœur des interrogations
En juin 2025, la RDC et l’AS Monaco avaient officialisé un accord de sponsoring sur trois saisons, estimé à 4,8 millions d’euros.
Ce partenariat s’est notamment traduit par l’apparition du slogan :
👉 « R.D. Congo – Cœur de l’Afrique »
sur le maillot du club monégasque.
L’objectif affiché par les autorités congolaises était de promouvoir l’image du pays à l’international, attirer des investissements et renforcer le développement du football local grâce à l’expertise du club.
Une plainte pour soupçons de détournement et corruption
Deux ressortissants congolais résidant en France ont saisi le Parquet national financier (PNF). Leur plainte porte sur :
- blanchiment
- détournement de fonds publics
- corruption
Selon leur avocat, Me Hervé Diakese, ce partenariat pourrait cacher des irrégularités financières.
« Des individus se sont servis du prestige de Monaco pour spolier le peuple congolais », a-t-il déclaré.
Des critiques sur la gestion des fonds publics
La plainte vise notamment le ministre congolais des Sports, Didier Budimbu. Les plaignants estiment que les règles liées aux marchés publics n’auraient pas été respectées :
- absence de mise en concurrence
- manque de transparence budgétaire
Pour certains opposants, les fonds engagés dans ce type de partenariat auraient pu être utilisés pour développer les infrastructures sportives locales, dans un pays confronté à des défis économiques et sécuritaires importants.
Le gouvernement congolais dément toute irrégularité
Face à ces accusations, Didier Budimbu a fermement rejeté toute implication dans des pratiques illégales.
Le ministre dénonce un « acharnement » et évoque des motivations politiques derrière cette plainte.
Dans ce dossier, un homme d’affaires français, mandaté par les autorités de Kinshasa, aurait servi d’intermédiaire dans la mise en place du partenariat.
L’AS Monaco se dit disponible pour coopérer
De son côté, l’AS Monaco a réagi avec prudence.
Le club a indiqué :
« prendre acte de la situation »
et se tenir à la disposition des autorités compétentes.
Un contexte africain de plus en plus scruté
Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs États africains multiplient les partenariats avec des clubs européens pour améliorer leur image à l’international.
Mais ces initiatives suscitent aussi des débats, notamment sur leur impact sur les populations locales, la transparence des financements etl’efficacité réelle de ces investissements.
Barth-Olivier ZINSOU

