lundi, avril 13, 2026
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Les confidences de Sylvia Bongo depuis le coup d’État qui a renversé son mari

Pour la première fois depuis la fin de sa détention et depuis son exil londonien, Sylvia Bongo fait des confidences sur le coup d’État qui a renversé son époux Ali Bongo en août 2023, sur le déroulement des jours qui ont suivi ainsi que les poursuites engagées contre elle. L’ex-première dame du Gabon, qui a pu quitter le pays en mai dernier, accuse les nouvelles autorités gabonaises de détention arbitraire et de tortures.

Après 20 mois en détention, Sylvia Bongo et son fils ont été remis en liberté provisoire en mai dernier, puis autorisés à quitter le pays. Au Gabon, elle et Noureddine Bongo ont été condamnés, en leur absence, à 20 ans de prison pour détournements de fonds en novembre dernier. « Qu’ils donnent la preuve. Qu’on me l’amène, je n’attends que ça. C’est pour ça que nous sommes dans les juridictions internationales, pour que la vérité soit faite », clame-t-elle d’emblée lors d’une interview exclusive accordée à France 24. Avant de raconter, encore traumatisée, leurs souffrances après le coup d’Etat d’août 2023.

« Ils m’ont attaché les pieds et les mains et m’ont jeté de l’eau froide. Ils m’ont amené mon fils qui était dans un état épouvantable. Ils le tapaient et moi, ils m’avaient attaché les mains. Ils m’ont mis un scotch pour ne pas que je crie. Ils l’ont tapé et étranglé avec un bâton. Puis, ils ont commencé à m’étrangler. Et là, ils m’ont dit : « Si tu ne veux pas qu’on te tape, si tu ne veux pas qu’on tape ton fils, signe ». Et là, j’ai signé tout ce qu’ils voulaient ».

Après l’AVC du président Ali Bongo, a-t-elle de fait dirigé le pays, comme certains l’affirment ? « En 14 ans, j’ai dû aller trois fois au bureau de mon mari. Je vous le dis franchement, je ne comprends rien à la politique et surtout pas à la politique gabonaise. Je ne m’en suis jamais mêlée. Qu’ils m’amènent un décret, un document signé de ma main ou un document où j’ai imité la signature de mon mari », accuse-t-elle.

Sylvia Bongo a aussi affirmé, presqu’en larmes, qu’elle ne se rendra plus jamais au Gabon pour avoir été « traitée de sale blanche ».

La consule de France à Libreville a été plusieurs fois informée de la détention de Sylvia et de son fils, et des mauvais traitements subis, affirme Sylvia Bongo. Mais « pas grand chose ne s’est produit ». « Je me suis sentie abandonnée », confie-t-elle. « J’ai eu trop mal » conclut l’épouse d’Ali Bongo. « Je ne retournerai jamais au Gabon ».

La réaction du gouvernement gabonais n’a pas tardé. Le gouvernement récuse fermement ces allégations diffamatoires. Durant leur détention, l’ancienne Première dame, son fils Noureddin Bongo Valentin, ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit et au respect de la dignité humaine. Aussi, le gouvernement condamne avec fermeté la diffusion de ces contre-vérités et de récits déformés », s’est défendu le ministre de la Communication, Germain Biahodjow.

Marie-Inès Bibang

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