jeudi, juillet 25, 2024
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A la tête d'une Eglise en proie au doute, le pape plaide pour "la tendresse" et "l'humilité"

A la tête d'une Eglise en proie au doute, le pape plaide pour
Le premier pape du Nouveau monde a appelé mardi les fidèles à protéger « toute créature de Dieu » et faire preuve de « tendresse », lors de la messe inaugurant son arrivée à la tête d’une Eglise confrontée à de multiples défis.
 Devant une trentaine de chefs d’Etat et 150.000 à 200.000 fidèles, selon le Vatican, rassemblés sous un beau soleil, le pape François a qualifié son rôle d' »humble et concret » et appelé à lutter contre les « signes de destruction » et pour « le respect de la créature et de l’environnement ».
Le « vrai pouvoir » d’un pontife est « le service, il doit regarder vers le service humble, concret », a dit le pape argentin, alors que le gouvernement de l’Eglise, la Curie romaine, mis en cause dans divers scandales, a été très critiqué pendant le conclave.
Avec plus d’un milliard de fidèles dans le monde, l’Eglise catholique se trouve aujourd’hui face à une série de problèmes: opacité et intrigues dans la Curie romaine, mais aussi chute des vocations religieuses, demande de réformes sur les questions de moeurs (célibat des prêtres, unions homosexuelles), scandale des abus pédophiles au sein du clergé, persécution des chrétiens et menaces islamistes….
Lors de son homélie à la tonalité grave et très inspirée par Saint-François d’Assise, dont il a choisi le prénom, le pape a lancé, suscitant les applaudissements de la foule: « Aujourd’hui il y a tant de traits de ciel gris! Garder la création, tout homme et toute femme, c’est ouvrir l’horizon de l’espérance, une trouée de lumière au milieu de tant de nuages ».
 Dans un nouveau tweet diffusé aussitôt après la messe sur son compte @Pontifex_fr, il a lancé le même appel: « Mettons le Christ dans notre vie, prenons soin les uns des autres, protégeons la création avec amour ».
 

A la tête d'une Eglise en proie au doute, le pape plaide pour
Le 266e pape de l’Histoire a beaucoup insisté, dans ce discours donnant les orientations de son pontificat, sur la proximité avec les pauvres, les plus faibles, les personnes âgées, ceux « qui sont souvent dans la périphérie de notre coeur ».
L’ex-archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a choisi le nom de François, à la mémoire du « Poverello » d’Assise, Saint François qui au XIIIe siècle avait voulu rebâtir l’Eglise, alors divisée comme aujourd’hui, et avait oeuvré pour la paix, à l’époque des Croisades, et le respect de la nature.
Peu avant de célébrer sa messe d?inauguration, François s?était adressé par liaison téléphonique aux fidèles argentins rassemblés sur la Place de Mai et dans la cathédrale de Buenos Aires. Il leur avait demandé de « protéger la vie, la famille et la nature ».
Sur la place Saint-Pierre, la cérémonie était solennelle et simple. La tenue du premier pape jésuite de l’histoire était plutôt austère: pendant la procession depuis la tombe de Saint Pierre à l’intérieur de la Basilique vers le parvis, il portait sur sa soutane blanche une chasuble beige frappée d’une fine croix noire à dorures, contrastant avec la tenue d’apparat de la dizaine de patriarches des églises orientales qui l’accompagnait. Afin de rappeler les origines de l’Eglise catholique, et ses composantes orientales et occidentales, l’Evangile a été chanté en grec.
Le pape s’est agenouillé dans la crypte devant la tombe de Saint Pierre puis est ressorti pour la messe, précédé de ses 180 cocélébrants: cardinaux, patriarches, archevêques.

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Puis le pape a reçu les emblèmes de son pontificat : le pallium -une bande d’étoffe porté sur la chasuble- et l’anneau papal, choisi en argent doré et non en or par souci d’humilité.
 Auparavant, le premier pape venu des Amériques, 76 ans, élu par surprise mercredi alors qu’il ne figurait pas parmi les favoris, avait effectué un long tour de la majestueuse place Saint-Pierre en jeep blanche entièrement découverte, au son de trompettes.
Souriant et debout dans son véhicule, il a salué la foule qui l’acclamait avec des drapeaux de tous les pays, levant même parfois le pouce en signe de connivence ou embrassant des bébés. Il est descendu de son véhicule pour caresser le visage d’un handicapé alité.
Successeur de Benoît XVI qui a démissionné le 28 février à près de 86 ans, en raison de « l’affaiblissement de ses forces », le pape François a imprimé sa marque sur le début de son pontificat en se montrant accessible.
« C’est un évènement qui ouvre la vision de l’Eglise, avec le pape François nous aurons une Eglise plus proche du peuple et du monde moderne », a commenté à l’AFP avec optimisme Rodrigo Grajales, un prêtre colombien de 31 ans.

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Même ardeur de la part de Soeur Rosa, une religieuse italienne: « j’attends un autre Saint François qui habitera la terre avec amour, bonté, pauvreté et humilité ».
Pour soeur Maria-Lourdes, venue du Salvador, « le pontificat du pape François devrait être une grande révolution pour l’Eglise, mais encore plus pour les gens pauvres d’Amérique Latine ». « J’espère un renouveau de l’Eglise », ajoute-t-elle.
Unee banderole géante proclamait : »va et répare ma maison ». C’est ce message que François d’Assise avait affirmé avoir reçu de Dieu pour réformer l’Eglise.
 Dans un autre registre, un groupe d’Argentins brandissait une immense pancarte « San Lorenzo », l’équipe de football préférée en Argentine du pape François, tandis qu’une autre grande banderole souhaitait « Shalom », la paix en hébreu.
Quelque 132 délégations étrangères étaient présentes aux premiers rangs dont 31 chefs d’Etat. Tous sont venus tour à tour à l’issue de la messe le saluer chaleureusement, notamment sa compatriote Cristina Kirchner, la chancelière allemande Angela Merkel et le très controversé président zimbabwéen Robert Mugabe.
Plus de 3.000 agents des forces de l’ordre (policiers, carabiniers, policiers municipaux) avaient été déployés. Sirènes hurlantes, hélicoptères, le centre de Rome et
les alentours du Vatican à environ un kilomètre de distance de part et d’autre du Tibre semblaient en état de siège. 

AFP 

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