vendredi, juillet 30, 2021
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Mali: des soldats français à Kidal, Paris appelle au dialogue

Mali: des soldats français à Kidal, Paris appelle au dialogue
La France a appelé mercredi Bamako au dialogue avec les populations du Nord du Mali, au moment où ses soldats prenaient position à Kidal, dernière grande ville de la région sous le contrôle de groupes armés, qui assurent rejeter le “terrorisme” et prôner une “solution politique”.
Le Burkina Faso, médiateur dans la crise malienne au nom de l’Afrique de l’Ouest, a réaffirmé mercredi sa “disponibilité” pour un dialogue politique au Mali, assurant que “l’usage légitime de la force n’exclut pas la recherche d’une solution politique négociée”.
 Sur le terrain, des soldats français ont pris dans la nuit le contrôle de l’aéroport de Kidal, à 1.500 km de Bamako, après la reconquête, au côté de l’armée malienne et sans grande résistance, des deux plus grandes villes du Nord du Mali, Gao et Tombouctou, qui étaient aux mains de groupes islamistes armés.
La situation est cependant différente à Kidal: la ville n’est pas aux mains de jihadistes liés à al-Qaïda, mais des islamistes dissidents du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) et des autonomistes touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).

Mali: des soldats français à Kidal, Paris appelle au dialogue
“Nous sommes dans une situation particulière à Kidal et nous faisons en sorte d’avoir des relations de bonne intelligence avec les Touareg”, a souligné à Paris le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
Alors que jusqu’à présent, des soldats maliens accompagnaient systématiquement les militaires français dans leur offensive contre les groupes islamistes, les Français sont seuls à l’aéroport de Kidal, où ils sont pour l’instant bloqués par une “tempête de sable”, selon Paris.
Une première concession aux groupes qui contrôlent Kidal: le MIA a ainsi lancé mercredi un appel à ce que “l’armée malienne et les forces de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) ne pénètrent pas sur le territoire de l’Adrar des Ifoghas, région de Kidal, avant qu’une solution politique ne soit trouvée”.
“Le MIA comme le MNLA ont donné les preuves de leurs engagements à coopérer avec la France, puisque les forces françaises sont entrées à Kidal sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré, c’est la preuve que Kidal n’est pas un sanctuaire pour terroristes”, selon le MIA, un groupe issu d’une scission ces derniers jours avec Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), groupe islamiste allié à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes, dont Ag Ghaly et l’Algérien Abou Zeïd, un des émirs d’Aqmi, se sont réfugiés dans les montagnes au nord de Kidal, près de la frontière algérienne.
 Kidal et sa région, le massif des Ifoghas, sont le berceau des autonomistes touareg, en rébellion contre le régime de Bamako. Et le MIA, comme le MNLA, craignent des exactions des soldats maliens contre les communautés arabe et touareg.
Les tensions sont très fortes dans le Nord entre les minorités arabes et touareg, dont les membres sont très largement majoritaires dans les groupes islamistes armés, et les Noirs, majoritaires au Mali.
“Réconciliation nationale”

Mali: des soldats français à Kidal, Paris appelle au dialogue
La France a d’ailleurs appelé mercredi Bamako à “engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord (élus locaux, société civile) et les groupes armés non terroristes reconnaissant l’intégrité du Mali”.
Les Affaires étrangères ont aussi salué l’adoption par le Parlement malien mardi d’une “feuille de route” politique pour l’après-guerre. Ce document prévoit notamment une discussion avec certains groupes armés dans le cadre de la “réconciliation nationale”.
Mais sur le terrain, la crainte d’exactions continue à se faire ressentir. A Tombouctou, au lendemain de l’entrée des soldats français et maliens, des centaines de personnes ont attaqué mardi des dizaines de magasins tenus, selon elles, par “des Arabes” accusés d’avoir soutenu les islamistes armés.
Plusieurs témoignages ont par ailleurs fait état de la destruction d’une partie des précieux manuscrits dans cette capitale intellectuelle et spirituelle de l’islam en Afrique subsaharienne aux XVe et XVIe siècles.
Mais la plupart d’entre eux ont été placés en lieu sûr, a déclaré le responsable du projet de conservation des manuscrits de Tombouctou à l’université du Cap, en Afrique du Sud.
“Une grande majorité a été sauvée (…) plus de 90%”, a indiqué Shamil Jeppie. “Il y a eu des dégâts et certains objets ont été détruits ou volés, mais beaucoup moins que ce qu’on a dit dans un premier temps”.
Mardi, un journaliste de l’AFP a constaté que le sol de l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba, à Tombouctou, était jonché de cendres et de rares fragments de manuscrits.
L’Unesco souhaite envoyer dès que possible une mission dans le nord du Mali pour évaluer les dégâts infligés au patrimoine classé et mettre en place un programme de restauration.
Quelque 3.500 soldats français sont actuellement déployés au Mali, un chiffre qui devrait monter à environ 4.400 dans les prochains jours, selon Paris.
A Addis Abeba, une conférence de donateurs internationaux a levé mardi 455 millions de dollars (338 M EUR) destinés aux besoins militaires et humanitaires du Mali. Et Le gouvernement du Niger s’est déclaré mercredi prêt à accueillir des drones surveillant “tout mouvement suspect venant du Mali” voisin. 

AFP 

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