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RDC: l'Assemblée nationale remet en cause le budget 2013

RDC: l'Assemblée nationale remet en cause le budget 2013

La discussion sur le budget 2013 devant l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a tourné à la dénonciation des pratiques gouvernementales et obligé le Premier ministre Augustin Matata Ponyo à répliquer.

Ce budget de près de 7.000 milliards de francs congolais (5,9 milliards d’euros) comporte un déficit de plus de 100 milliards (85 millions d’euros) selon des éléments publiés dans la presse.

Dès le début de la discussion en réunion plénière, lundi dernier, le chef du gouvernement, dont l’action est pourtant saluée par la communauté internationale, a été mis en difficulté car il n’avait pas rendu les comptes 2011. La majorité, théoriquement acquise au gouvernement, a vacillé jusqu’à ce que le président de l’Assemblée, Aubin Minaku, affirme que la reddition des comptes pouvait suivre et non précéder l’étude du futur budget.

Cette épisode a eu un certain retentissement, d’autant qu’au début du mois le parti au pouvoir a connu une défaite cuisante dans deux élections de gouverneurs ou ses candidats ont été nettement battus par des partisans de la majorité qui s’étaient présentés en “indépendants”, faute d’avoir été adoubés.

Mardi dernier, lors de l’examen du budget, le député Jean Claude Vuemba Luzemba, du Mouvement du peuple congolais pour la République, membre de l’opposition, a mis les pieds dans le plat. “Comment voulez vous moderniser le pays avec un budget si modeste?” a-t-il demandé.

RDC: l'Assemblée nationale remet en cause le budget 2013

Soutenu par plusieurs autres députés, il s’est également interrogé sur les recettes pétrolières, rappelant qu’en 2009 un accord de partage de production avait été signé avec l’Angola qui prévoyait 600 millions de dollars de recettes. Officiellement, cet accord aurait rapporté 9 millions de barils en 2012. Aucune prévision pour 2013 n’a pu être obtenue. D’autres revenus pétroliers n’apparaissent pas non plus, a précisé le député à l’AFP.

Puis, les députés ont tour à tour énuméré les ponts qui sont sur le point de s’écrouler, les routes qui se dégradent dans l’arrière pays, les lignes à haute tension en attente d’installation et les campagnes de vaccinations qui ne sont faites que par les organisations internationales.

Ils se sont aussi inquiétés de la répartition des ressources attribuées aux provinces: sur les 11 provinces, le Katanga (sud-est), d’où est originaire le président Joseph Kabila, Kinshasa et le Bas-Congo (ouest), sont favorisés sans raison apparente, selon eux.

Selon un observateur attentif de la vie politique congolaise, la grogne des députés pourrait aussi être liée au au refus du gouvernement d’augmenter leur salaires. Payés 4.250 dollars (3.350 euros) par mois, ils voulaient rejoindre les sénateurs payés plus de 10.000 USD (7.850 euros). A l’ouverture de la session, la majorité présidentielle a présentée une motion en ce sens qui a été rejetée par le bureau.

Pendant tous ces débats une délégation des fonctionnaires congolais est restée devant le Palais du peuple, le siège de l’Assemblée, pour rappeler que l’accord établissant notamment l’échelle des salaires mensuels de la fonction publique entre 159.000 FC (134 euros) et 1.590.000 FC (1.340 euros) n’était pas appliqué.

Ce lundi, le Premier ministre a expliqué aux députés que la masse salariale des fonctionnaires était passée de 12,5 milliards de francs congolais (10 millions d’euros) en 2001 à 891,5 milliards (700 millions d’euros) en 2012 et que le nombre de fonctionnaires était passé pendant la même période de 389.000 à 712.000. Son budget, déclaré recevable par un vote à mains levées, à été transmis à la commission des finances. 

AFP 

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