mercredi, août 4, 2021
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Mali: le groupe islamiste Ansar Dine part négocier à Alger et Ouagadougou

Mali: le groupe islamiste Ansar Dine part négocier à Alger et Ouagadougou

L’un des groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), a envoyé vendredi à Alger et Ouagadougou des délégations négocier “la paix” au moment où se prépare l’envoi d’une force armée internationale au Mali.

“Nous sommes pour la paix, et pour la paix, il faut le dialogue”, a déclaré à l’AFP un proche de Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Dine, en annonçant l’envoi à Alger et Ouagadougou de ces deux délégations actuellement “en route”, selon lui.

De source proche de la présidence burkinabè, on précise que la délégation se rendant à Ouagadougou y est attendue vendredi soir et qu’elle y rencontrera le président Blaise Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans la crise malienne.

Il est prévu que la délégation qui se rend à Alger rejoigne plus tard celle de Ouagadougou, puis, de là, une délégation pourrait aller au Nigeria, selon ces sources.

 Le président Compaoré a déjà eu des contacts avec des membres d’Ansar Dine à Ouagadougou et a toujours privilégié une solution négociée à la crise, plutôt que le recours à la force.

Djibrill Bassolé, son ministre des Affaires étrangères, s’était lui-même rendu début août à Kidal (nord-est du Mali) où il avait rencontré M. Ag Ghaly, qui l’avait alors assuré de son soutien dans ses efforts de parvenir à une solution pacifique.

L’Algérie, puissance régionale incontournable dans le règlement de la crise, prône également le dialogue avec certains des groupes armés qui occupent le nord du Mali et qui rejettent “le terrorisme” et la partition du Mali.

Des émissaires d’Ansar Dine s’étaient rendus en septembre à Alger où ils avaient notamment rencontré un officiel malien.

Le mouvement Ansar Dine, apparu au début de l’offensive lancée en janvier dans le nord du Mali par plusieurs groupes armés, est essentiellement composé de Touareg maliens et est un des principaux alliés d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans la région.

  Force armée et dialogue 

Mali: le groupe islamiste Ansar Dine part négocier à Alger et Ouagadougou

Iyad Ag Ghaly est lui-même un ancien rebelle touareg qui a épousé l’islamisme radical. Les membres de son mouvement appliquent la charia (loi islamique) avec brutalité dans les zones qu’ils contrôlent avec Aqmi, dont les villes de Tombouctou (nord-ouest) et Kidal.

L’annonce de l’envoi de délégations à Alger et Ouagadougou intervient alors que se tient depuis le 29 octobre à Bamako une réunion d’experts internationaux qui doit mettre au point “un concept d’opération” pour la force armée de la Cédéao, soutenue par l’ONU, en vue de reprendre le nord du Mali.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 12 octobre une résolution préparant le déploiement d’une force ouest-africaine de quelque 3.000 hommes au Mali, soutenue sur le plan logistique par la France et les Etats-Unis, donnant jusqu’au 26 novembre à la Cédéao pour préciser ses plans.

Parallèlement, la résolution invitait le gouvernement malien et les rebelles touareg à “s’impliquer dès que possible dans un processus de négociations crédible afin de rechercher une solution politique viable respectant la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du Mali”.

Un tel dialogue, soulignait mi-octobre à Bamako un haut dirigeant de l’ONU, n’interdit pas l’usage de la force.

Il a plutôt pour but de permettre le regroupement de certains groupes armés composés essentiellement de Touareg, Ansar Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion indépendantiste laïque) laminé par les islamistes dans le nord du Mali. “Moins il y aura de groupes armés, plus ce sera facile” d’intervenir militairement, avait affirmé ce dirigeant.

En revanche, pour la communauté internationale, il est hors de question de négocier avec Aqmi et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), autre groupe islamiste et criminel armé qui occupe le nord du Mali. Ces deux groupes sont essentiellement composés d’étrangers. 

AFP 


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