lundi, juin 21, 2021
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Le projet de nouvelle Constitution au Zimbabwe, un compromis bancal

Le projet de nouvelle Constitution au Zimbabwe, un compromis bancal

Le projet de nouvelle Constitution péniblement élaboré au Zimbabwe réduira les pouvoirs présidentiels, mais sans empêcher Robert Mugabe, qui est au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, de se représenter, au terme d’un compromis jugé bancal par les analystes.

Le texte a au moins un mérite: il permet d’en finir avec les incertitudes et ouvre la voie à un référendum constitutionnel qui pourrait avoir lieu d’ici la fin 2012, en prélude à des élections l’an prochain.

L’Union européenne s’est d’ailleurs dite prête à suspendre la plupart de ses sanctions contre le Zimbabwe si le référendum constitutionnel était “pacifique et crédible”, afin d’encourager une transition démocratique.

“Absurde”, a aussitôt tonné le parti du président Mugabe, la Zanu-PF, réclamant une levée de toutes les sanctions européennes, imposées à partir de 2002 en réaction au climat de violence et d’intimidation qui règne toujours au Zimbabwe.

Fin mai, un militant de l’opposition au président Mugabe a encore été tué et plusieurs autres “sévèrement passés à tabac” par des sympathisants du chef de l’Etat venus perturber un meeting de l’opposition. Un “meurtre” vivement condamné par les Etats-Unis qui, eux, ne veulent pas lever leurs sanctions.

L’adoption d’une nouvelle Constitution figure dans les accords passés en 2008 entre M. Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai pour éviter une guerre civile.

Indemnisations des fermiers blancs

M. Tsvangirai, qui s’était retiré entre les deux tours d’une élection présidentielle qui tournait au bain de sang, a accepté de devenir le Premier ministre d’un gouvernement d’union nationale, fragile attelage qui ne convient à aucun des deux camps.

Indemnisations des fermiers blancs

Après trois ans de travaux d’écriture émaillés de nombreuses violences –dont la mort d’un partisan de M. Tsvangirai durant la première réunion publique–, le projet de nouvelle Constitution a finalement été dévoilé la semaine dernière.

Il propose de réduire à deux le nombre de mandats présidentiels, pour un maximum de dix ans au pouvoir, mais sans fixer de limite d’âge.

Le texte impose au président de consulter le Parlement et le conseil des ministres pour les nominations clés, et lui fait perdre son immunité une fois terminé son mandat.

Au chapitre des droits de l’homme, le projet maintient la peine de mort pour les hommes de 21 à 70 ans coupables de meurtres avec circonstance aggravante, mais pas pour les femmes.

Le projet de nouvelle Constitution au Zimbabwe, un compromis bancal

Il n’autorise pas le mariage homosexuel, contrairement à l’Afrique du Sud, et interdit la double nationalité.

Le texte prévoit également des indemnisations pour les fermiers blancs qui ont été forcés de quitter leurs terres lors de la très controversée réforme agraire du début des années 2000, mais protège les droits des agriculteurs qui les ont remplacés.

Projet vague

“La nouvelle Constitution (…) devait être un cadre global, corrigeant tout ce qui va mal dans notre pays”, a commenté Nevanji Madanhire, rédacteur en chef du quotidien privé The Standard. “Mais la somme de compromis que contient le projet montre que le pays continue à l’identique.”

Vendredi, le ministre des Affaires constitutionnelles (pro-Tsvangirai), Eric Matinenga, a détaillé devant la presse les changements prévus pour la fonction présidentielle.

“Nous avons eu un seul président depuis 1980 et le sentiment de la plupart des gens est que c’est la principale faiblesse du pays”, a-t-il expliqué, affirmant que l’époque où les pouvoirs étaient concentrés aux mains d’un seul homme était désormais révolue.

Pas d’accord, Lovermore Madhuku, juriste à l’université du Zimbabwe, estime que “le président (dans le projet, ndlr) reste un président exécutif. Ce n’est pas ce que les gens demandaient durant la période de consultations” et il faut voter non, ajoute-t-il.

L’hebdomadaire pro-Mugabe Sunday Mail, de son côté, estimait dimanche que le projet de Constitution, même s’il est approuvé, “sera balayé par les futures générations”.

Le projet reste vague sur les règles prévues en cas de démission, de décès ou d’incapacité du président. Il serait flanqué de deux vice-présidents, dont le premier lui succèderait. 

AFP 

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