L’ancienne députée de La France insoumise, Rachel Kéké, traverse une nouvelle période difficile. Battue lors des législatives anticipées, l’ex-femme de chambre devenue figure politique a engagé une procédure contre son employeur, la société de nettoyage STN, pour non-respect d’un accord signé après la grève historique de l’Ibis Batignolles.
Rachel Kéké conteste sa mutation professionnelle
Selon plusieurs médias, Rachel Kéké reproche à son employeur de l’avoir mutée sur un site situé à plus de 40 kilomètres de son domicile, dans l’Essonne.
Or, un accord conclu en 2021 après la grève de l’hôtel Ibis Batignolles prévoyait que les mutations des salariés concernés restent dans un périmètre limité autour de leur lieu d’habitation.
L’ancienne députée estime que cette nouvelle affectation est incompatible avec sa situation personnelle.
« Je n’ai pas de véhicule personnel et il n’existe pas de transport adapté », aurait-elle indiqué aux ressources humaines.
Une figure de la grève de l’Ibis Batignolles
Avant son entrée à l’Assemblée nationale en 2022, Rachel Kéké s’était fait connaître comme l’une des figures de la longue grève des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles à Paris.
Ce mouvement social, qui avait duré près de deux ans, dénonçait notamment les conditions de travail dans le secteur hôtelier.
Son parcours avait ensuite symbolisé une ascension politique remarquée au sein de la gauche française.
Une procédure devant les prud’hommes
Face à cette situation, Rachel Kéké a décidé de saisir le Conseil de prud’hommes.
L’ex-députée accuse STN de ne pas respecter les engagements pris lors de l’accord collectif signé après le conflit social.
De son côté, l’entreprise aurait engagé une procédure pouvant conduire à un licenciement après plusieurs absences constatées sur son nouveau lieu d’affectation.
Rachel Kéké dénonce un « acharnement »
L’ancienne parlementaire affirme vivre cette situation comme une forme de représailles liée à son engagement syndical passé.
« J’ai la sensation que c’est une forme de punition pour avoir mené la grève », déclare-t-elle.
Une audience devant les prud’hommes devait permettre d’examiner le dossier.
Un retour difficile après la politique
Battu de peu lors des dernières élections législatives face à Vincent Jeanbrun, actuel ministre de la Ville et du Logement, Rachel Kéké connaît un retour compliqué à la vie professionnelle après son passage à l’Assemblée nationale.
Battue aux législatives anticipées, l’ex-députée insoumise Rachel Kéké attaque son employeur STN pour non-respect d’un accord signé après la grève de l’Ibis Batignolles. Elle dénonce une mutation incompatible avec sa situation.
Femme de chambre devenue députée, Rachel Kéké avait été, à l’été 2022, l’un des visages de la progression de la France insoumise. Elle n’aura siégé que deux ans au Palais Bourbon jusqu’aux législatives anticipées, où elle a été battue de 600 voix par l’actuel ministre LR de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun. Pour Rachel Kéké, le retour à la vie civile ne se passe pas comme prévu : l’ex-parlementaire a saisi les prud’hommes contre son employeur.
La société de nettoyage STN ne respecte pas, selon nos confrères de Mediapart, un accord signé en 2021 entre ce sous-traitant du groupe Accor et les grévistes de l’Ibis Batignolles, où travaillait Rachel Kéké comme gouvernante avant d’être l’une des figures de la grève historique longue de 22 mois.
L’entreprise (qui entre-temps a perdu son contrat avec le deuxième plus grand hôtel du pays) s’était alors engagée « à limiter les mutations du personnel affecté au site de Batignolles dans le seul périmètre de 15 kilomètres entre le lieu d’habitation de ces derniers et le nouveau lieu d’activité ».
Or, STN a muté l’ancienne députée au domaine de Frémigny, à plus de 40 kilomètres de son domicile, dans la ville de Bouray-sur-Juine (Essonne) dont la gare est située à plus de trente minutes de marche. « Or, il n’existe pas de transport en commun pour effectuer ce trajet et je ne dispose pas de véhicule personnel », a fait savoir Rachel Keke aux ressources humaines.
Celle-ci devait commencer le travail le 13 février 2026 mais ne s’est pas rendue à la convocation. Deux mises en demeure de STN ont suivi, dont l’une la menaçant d’un licenciement. « J’appelle ça de l’acharnement et de la maltraitance, assure Rachel Keke. J’ai la sensation que c’est une forme de punition pour avoir mené la grève ».
Le 4 mai 2026, Rachel Kéké était alors convoquée à un entretien préalable au licenciement. Alors qu’elle a saisi le conseil des Prud’hommes pour le non-respect de l’accord collectif de 2021, Rachel Kéké voit cette convocation comme un moyen d’éviter le procès, qui devait avoir lieu le 15 juin.

