Les Congolais se rendront aux urnes le 15 mars 2026 pour élire leur président, dans un contexte marqué par une majorité présidentielle structurée et une opposition fragmentée, incapable de présenter un candidat unique.
Les enjeux sont clairs. Le scrutin présidentiel du 15 mars 2026 sera marqué par une majorité structurée et organisée, avec en face une opposition fragilisée et en quête d’unité et un espace civique rétréci.
La mise en place par le Parti congolais du travail (PCT) et ses alliés de conditions visant la conservation du pouvoir se traduit par un verrouillage du processus électoral. Celui-ci s’est opéré à travers le contrôle de l’appareil d’État (administration, sécurité, médias publics) et des organes de gestion des élections (Commission nationale électorale indépendante, Direction générale des affaires électorales, Cour constitutionnelle, etc.).
Le président sortant Denis Sassou Nguesso s’appuie aussi sur le soutien de son parti et de ses alliés à travers la mobilisation politique de ses membres et l’ancrage institutionnel et administratif. Denis Sassou Nguesso mise également sur la création de réseaux clientélistes pour assurer une large victoire dès le premier tour.
Autour du candidat se greffent des dynamiques politiques et citoyennes de mobilisation incluant toutes les couches sociales. Parmi elles figurent le Patriarche, mouvement de soutien politique centré sur Denis Sassou Nguesso, connu sous l’appellation « Vague bleue ». On note aussi le mouvement Timonier, incarné par le parti au pouvoir (PCT) comme dispositif politico-idéologique de mobilisation, ainsi que d’autres dynamiques telles que Pona Ekolo, dirigé par Hugues Ngouelondelé.
L’opposition congolaise quant à elle aborde le scrutin en rangs dispersés. Elle a été incapable de trouver un consensus pour une candidature unique, réduisant fortement les chances d’une alternance démocratique dans le pays. Six candidats d’opposition sans véritable base politique sont officiellement en lice. Il s’agit de Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Nganguia Engambe-Anguios, Dave Uphreim Mafoula, Destin Melaine Gavet Elengo, Vivien Romain Manangou et Mabio Mavoungou Zinga.
Certaines figures historiques de l’opposition ayant marqué la scène politique au cours des dix dernières années (Mathias Dzon, Clément Miérassa, Claudine Munari, etc.) n’ont pas réussi à former une coalition solide susceptible de concurrencer efficacement le pouvoir en place.
L’opposition parlementaire, incarnée par l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de l’ancien président Pascal Lissouba et l’Union des démocrates et humanistes-Yuki (UDH-YUKI) de Guy Brice Parfait Kolélas, décédé en mars 2021, a brillé par son boycott. Elle évoque des problèmes de gouvernance électorale (biométrie, fiabilité du fichier électoral, impartialité des organes de gestion des élections, etc).
Le président sortant, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1979, constitue l’un des facteurs structurants majeurs de la compétition électorale du 15 mars 2026 en République du Congo. Son ancienneté ne joue pas seulement sur son image, mais sur l’architecture même du champ politique. Son parti, le PCT, contrôle largement l’appareil d’État, y compris les moyens de communication, les ressources publiques locales et une grande part de l’administration mobilisée dans le cadre de sa campagne électorale.
Après quatre décennies au sommet de l’État, une nouvelle victoire de Denis Sassou Nguesso ne fait l’ombre d’aucun doute…
A.D.

