samedi, mars 28, 2026
AccueilSociétéLe Sénégal dit non à l’homosexualité

Le Sénégal dit non à l’homosexualité

Adopté en Conseil des ministres dans la soirée du 18 février 2026, un texte de loi prévoit d’alourdir les peines prévues pour les personnes reconnues coupables           «d’actes contre nature » et de les étendre aux organisations qui font « l’apologie » des relations homosexuelles. La nouvelle loi doit cependant encore recevoir l’approbation des députés avant d’entrer en vigueur.

Le Sénégal est vent debout face à la montée de l’homosexualité. En effet, un projet de loi plus répressif contre l’homosexualité a été adopté en Conseil des ministres, dans la soirée du 18 février 2026. Porté par le gouvernement, il prévoit notamment de durcir les peines prévues dans l’article 319 du Code pénal pour les personnes reconnues coupables d’actes dits « contre nature » mais aussi de modifier la définition et d’interdire la promotion de ces derniers.

Si ce nouveau texte propose de doubler les peines de prison (pour les porter à dix ans) et d’alourdir les amendes (qui pourraient atteindre jusqu’à 10 millions de F CFA contre seulement 1,5 million actuellement) prévues jusqu’alors, sa grande nouveauté réside dans l’extension de ces sanctions à tous ceux qui se rendraient coupables d’« apologie » des relations homosexuelles.

« Toutes les organisations qui tentent d’encourager, que ce soit par des films de propagande, par le cinéma, par la télévision ou par l’écrit, la philosophie LGBT qui (je le rappelle) ne fait pas du tout partie des mœurs, des coutumes et de la culture sénégalaises, sont concernées», précise Amadou Ba, le ministre sénégalais de la Culture, qui tient à préciser que le texte prévoit aussi des sanctions contre toute « dénonciation calomnieuse, pour qu’on ne puisse pas cibler quelqu’un parce qu’il aura un comportement suspect. Quiconque accusera un individu d’homosexualité sans en apporter la preuve sera passible d’une peine de deux à trois ans de prison et d’une amende de 200 000 à 500 000 F CFA».

Alors que cette annonce intervient quelques jours après l’arrestation de plusieurs hommes accusés d’ « actes contre nature » et de transmission volontaire du VIH dans le pays, plusieurs voix s’élèvent désormais pour dénoncer une « traque » des personnes LGBT au Sénégal.

Bien que les contours du texte ne soient pas encore connus avec précision, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a quant à elle pris la parole pour critiquer ses conséquences prévisibles.    « Cette nouvelle loi propose notamment de criminaliser la promotion et le financement de l’homosexualité… Mais il s’agit là de termes très généraux, qui ne sont souvent pas bien définis légalement, ce qui risque d’ouvrir la voie à de graves violations de la liberté d’expression, de la liberté d’association et de l’accès aux soins de santé », réagit ainsi Alex Müller, la directrice des questions LGBT au sein de l’ONG.

Avant d’être définitivement adopté, le nouveau projet de loi doit encore être soumis à un vote des députés.

L.T.

RELATED ARTICLES

Most Popular

Recent Comments