L’annonce a créé la surprise au Gabon : la suspension jusqu’à nouvel ordre des réseaux sociaux. L’objectif, selon la Haute Autorité de la Communication, est de prévenir les dérives après un usage abusif de ces réseaux sociaux.
Les Gabonais sont furieux. Depuis le 17 février 2026, ils sont privés des réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Tik Tok, WhatsApp. La raison ?
Dans un communiqué lu, le 17 février 2026, sur la chaîne publique de télévision Gabon 1ère, le porte-parole de la Haute Autorité de la communication (HAC) du pays, Jean-Claude Mendome, a annoncé « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre ».
Le porte-parole a justifié la décision des autorités gabonaises par la présence de contenus risquant « d’engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l’unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques ».
À la vérité, cette coupure intervient alors que Brice Oligui Nguema, arrivé à la tête du pays par un coup d’Etat en 2023 et élu président l’an dernier, est confronté à la première vague de contestation sociale de son mandat.
Depuis le début de l’année, le Gabon connaît des mouvements sociaux qui touchent différents secteurs dans l’éducation. Les enseignants protestent contre le gel de leur salaire depuis dix ans. Celui qui a renversé Ali Bongo avait promis de redresser le pays, mais il se heurte au principe de réalité estime Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi. « Ce pays, quand les militaires l’ont pris en 2023, ils auraient dû dire aux Gabonais : ‘on va vous demander de la sueur et du travail parce que les caisses sont vides, le pays est ruiné ». La dette publique du Gabon, pourtant riche en pétrole et en manganèse est abyssale. Elle s’est établie à 80% du PIB en 2025.
Jennyfer Mélodie Sambat, porte-parole adjointe de la présidence, a pointé du doigt, « des publications diffamatoires qui ont été signalées à plusieurs reprises et qui entravent la cohésion sociale » au Gabon. « Cela fait déjà plus d’un an et demi qu’on fait des avertissements, y compris des signalements de ces différentes publications, a martelé la porte-parole adjointe. Il est inconcevable qu’après de nombreuses alertes du gouvernement, le groupe ne fait rien ». Outre des publications jugées « diffamatoires », elle a évoqué des « contenus à caractère violent, voire pornographique ».
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé « une inquiétante décision » qui « restreint, de manière abusive et non proportionnée, l’accès à l’information et entrave le travail des journalistes qui utilisent les réseaux sociaux pour informer et diffuser leurs contenus de manière indépendante ».
« Il s’agit d’une suspension et non pas d’une interdiction définitive, histoire de nous laisser le temps d’envisager, pourquoi pas, de légiférer et d’encadrer davantage la question, pour préserver (…) notre vivre-ensemble et l’intérêt que les Gabonais ont d’accéder à une information qui est vérifiée, correcte », conclu le porte-parole de la présidence gabonaise Théophane Zamé-Nze Biyoghe.
Marie-Inès Bibang
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