mardi, février 20, 2024
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Venezuela : ultime procession à Caracas pour la dépouille de Chavez

Venezuela : ultime procession à Caracas pour la dépouille de Chavez
La dépouille du président vénézuélien Hugo Chavez, dont l’embaumement semble de plus en plus compromis, était transférée vendredi dans une caserne de Caracas transformée en musée, pour une ultime procession accompagnée par des milliers de militants vêtus de rouge.
Après neuf jours et neuf nuits au cours desquels des centaines de milliers de personnes ont défilé à l’Académie militaire de Caracas pour rendre hommage au « Comandante », mort d’un cancer le 5 mars après 14 années passées à la tête du Venezuela, sa dépouille a quitté la chapelle ardente où elle était exposée depuis le 6 mars.
La procession, qui doit parcourir une douzaine de kilomètres à travers la capitale, a débuté après une brève cérémonie de prières, quelques discours de proches et de dignitaires et une série d’honneurs militaires rendus par quelque 2.000 cadets de l’académie.
« Merci commandant de nous avoir rendu la patrie », a lancé une de ses filles, Maria Gabriela, dans un émouvant discours prononcé après que le président de l’Assemblée nationale Diosdado Cabello eut rendu un hommage appuyé au « président exemplaire, le seul qui se soit soucié des pauvres ».
A bord d’une jeep de l’armée, le président par intérim Nicolas Maduro, accompagné du président bolivien Evo Morales, ont ouvert le cortège motorisé qui a entamé son parcours le long du « Paseo de los Proceres » (« Passage des illustres »), célèbre avenue de Caracas, sous le regard de milliers de personnes portant des tee-shirts à l’effigie de l’ex-président et de fanions aux couleurs nationales.
 

Venezuela : ultime procession à Caracas pour la dépouille de Chavez
Le cercueil était transporté dans une limousine noire aux fenêtres transparentes couverte d’un drapeau vénézuélien. De part et d’autre du véhicule, des gardes du corps habillés de rouge escortaient la procession en trottinant.
Dès l’aube, des milliers de personnes s’étaient pressées à plusieurs points de passage de la procession pour saluer une dernière fois le charismatique « comandante » dont la popularité parmi les plus pauvres n’a jamais été démentie.
« Je suis venu parce que c’est notre président. Le meilleur hommage que nous puissions lui rendre est de continuer à nous battre pour notre révolution et être joyeux au lieu d’être tristes », a notamment témoigné à l’AFP Judith Santana, une avocate de 51 ans toute vêtue de rouge, la couleur des chavistes.
 La procession doit rejoindre en fin de journée la « Caserne de la montagne », sise sur un promontoire dans un bastion chaviste de l’ouest de Caracas, le quartier du 23 de Enero (« 23 janvier »). Le bâtiment de style colonial rouge et ocre transformé en musée militaire doit abriter son corps embaumé jusqu’à ce qu’une décision soit prise sur son éventuel transfert au Panthéon national.
Cette ancienne caserne avait été le QG d’Hugo Chavez lorsqu’il avait échoué dans sa tentative de renverser le président Carlos Andres Perez par les armes en 1992. Ce coup d’Etat lui avait valu un séjour de deux ans en prison, mais il avait constitué l’acte de naissance politique du jeune lieutenant-colonel parachutiste, arrivé au pouvoir par les urnes six ans plus tard.
Plusieurs centaines de personnes attendaient depuis le matin l’arrivée du cercueil du chef de l’Etat défunt dans ce quartier modeste qui surplombe la capitale, sous l’étroite surveillance de soldats arborant pour l’occasion des chemises rouges. « C’est une fierté pour nous de recevoir notre commandant, il a toujours été d’ici », a expliqué à l’AFP Carmen Gonzalez, une habitante du « 23 de Enero ».

Venezuela : ultime procession à Caracas pour la dépouille de Chavez
Le gouvernement avait fait part de son souhait d’installer son corps embaumé aux côtés du héros national, le « libérateur » Simon Bolivar. Mais Nicolas Maduro a révélé mercredi qu’il serait « difficile » d’embaumer la dépouille car les procédures nécessaires auraient dû être entamées « beaucoup plus tôt » après son décès d’un cancer le 5 mars.
Le gouvernement a également reporté sine die mardi le dépôt à l’Assemblée nationale d’un amendement constitutionnel pour le transfert du défunt auprès de son illustre prédécesseur.
Pour l’heure, la loi fondamentale vénézuélienne dispose que le Panthéon national est réservé aux Vénézuéliens « illustres qui ont rendu des services éminents à la République, au moins 25 ans après leur décès ». En outre, toute modification de la Constitution doit faire l’objet d’un référendum.
Une élection présidentielle a été convoquée pour le 14 avril après le décès du président Chavez. Le scrutin devrait se résumer à un duel entre le M. Maduro, l’héritier politique du « Comandante », et le gouverneur de l’Etat de Miranda et chef de file de l’opposition, Henrique Capriles. 

AFP 

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