mardi, juillet 27, 2021
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Obama et Sarkozy : Regards croisés sur deux présidents qui veulent changer la face du monde

Obama et Sarkozy : Regards croisés sur deux présidents qui veulent changer la face du monde
Nicolas Sarkozy et Barack Obama, deux présidents au style de gouvernance presque comparable, dont la modernité de la vision politique pour leur pays respectif et le monde de façon générale a convaincu leurs partisans et électeurs. La sollicitation d’un second mandat sonne comme une nécessité de vouloir changer à tout prix la face du monde.

Obama et Sarkozy : Regards croisés sur deux présidents qui veulent changer la face du monde
Le 6 novembre 2012, Barack Hussein Obama, 44ème président des Etats-Unis, briguera un second mandat de quatre ans, à 50 ans révolus, sous la bannière du Parti démocrate. Une élection qui l’opposera sûrement à un adversaire républicain qui sera connu lors des prochaines primaires de ce parti. D’ores et déjà, pour de nombreux sondeurs, le premier afro-américain à accéder à la Maison Blanche a de fortes chances de prêter de nouveau serment le 20 janvier 2013. En attendant la grande bataille électorale, Barack Obama et son équipe mettent les bouchées doubles pour séduire l’électorat américain.

Obama et Sarkozy : Regards croisés sur deux présidents qui veulent changer la face du monde
En France, la prochaine élection présidentielle de la Vème  République se tiendra le 22 avril 2012 pour le premier tour et le 6 mai pour le second. Même si officiellement le président sortant, Nicolas Sarkozy, âgé de six ans de plus que Obama (56 ans), n’a pas encore fait savoir son intention de briguer un second et dernier mandat, tout porte à croire qu’il est le candidat naturel de son parti, l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire).
Nous avons affaire à deux présidents de même génération dont les premiers mandats sont empreints de beaucoup de bonnes intentions même si des ratés sont à relever. Nous nous garderons de faire un bilan au risque de nous focaliser sur un étalage incomplet de faits et d’actes. En revanche, nous retenons qu’ils ont été des présidents de grandes réformes administratives et qu’ils se sont taillé par la même occasion un rayonnement international enviable.

Obama et Sarkozy : Regards croisés sur deux présidents qui veulent changer la face du monde
) Nicolas Sarkozy et Barack Obama, qui s’admirent d’ailleurs mutuellement, étaient sur tous les fronts. On les a vus main dans la main sur la question de l’Afghanistan. Ce qui n’avait toujours pas été le cas sous la présidence de Jacques Chirac et de George W. Bush quand il s’est agi d’aller faire la guerre à l’Irak de Saddam Hussein, supposé être un des soutiens indéfectible de Ben Laden et de son organisation Al Qaïda.
Même convergence de vue sur la question de la lutte contre le terrorisme dans le monde. Là où les Etats-Unis posent les pieds pour combattre le terrorisme, la France, très solidaire, y envoie ses troupes. Et, peu importe le prix à payer. Aujourd’hui, près de 4 000 soldats tricolores risquent leur vie tous les jours dans l’ISAF (la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité) où les Américains ont le plus gros contingent, «Pour rétablir paix et stabilité dans ce pays et contribuer à son développement» contre les « méchants » talibans. Quant au bilan, le nombre de soldats français tombés au combat depuis 2001 est porté à 74. Un lourd sacrifice qu’assume l’Elysée qui considère que «Ces opérations récentes, bien que meurtrières, n’entament pas la résolution de la France. » (Sic !)
De mémoire, sous la mandature de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama, jamais les chefs de l’exécutif français et américain n’ont partagé autant d’opinions sur la question de la démocratie et la façon dont les Etats doivent être désormais dirigés en dépit de leur souveraineté. Ils ont redessiné la cartographie du monde, les rapports de force, et redéfini surtout le profil du nouveau dirigeant du 21ème siècle. Pour prétendre diriger un Etat de nos jours, il faut remplir des conditions très strictes et précises avant d’être accepté dans le club privé des chefs d’Etat exemplaires. Du reste, il faut être un amoureux de la démocratie, un pieux des droits de l’homme et épouser la bonne gouvernance pour le meilleur et le pire du capitalisme. Pour les petits Etats qui ne se sont pas encore rangés sous le parapluie des puissances occidentales, il vaut mieux compter parmi les pays certifiés comme « démocratie en développement.»
Sarkozy et Obama n’ont de cesse de donner des leçons de démocratie aux dirigeants récalcitrants du monde qui font la sourde oreille à leurs recommandations et n’hésitent pas à les prévenir qu’ils en tireront toutes les conséquences. L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son clan en savent quelque chose. Lui qui a voulu se mettre en travers de la démocratie en refusant de céder le pouvoir alors qu’il avait perdu les élections présidentielles dans son pays, la Côte d’Ivoire. Les dernières victimes du rouleau compresseur franco-américain sont le Libyen Mouammar Kadhafi et les siens. Eux non plus, n’ont pas vu venir le vent du changement mené par le CNT (Conseil National de Transition) et insufflé par l’Occident. 
Lors de son premier déplacement en terre africaine en 2009 après son élection, Obama n’avait-il pas invité les Etats africains à se doter d’«institutions fortes et non d’hommes forts » ? Ceux qu’on a appelé les dinosaures ne se sont même pas sentis indexés au point que certains continuent de tripatouiller leur constitution pour se maintenir ad vitam au pouvoir. A l’inverse, il y a une génération de chefs d’Etat africains taillés sur le modèle occidental, des technocrates, respectueux de la démocratie et des droits de l’homme.   
A ceux-là, le président américain n’hésite pas à distribuer des bons points pour conduite exemplaire, à leur offrir un voyage « Important visitor » à Washington avec le ticket d’entrée à l’AGOA pour ceux qui n’en sont pas encore membres.   
Le 29 juillet dernier, quatre chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest, triés sur le volet, ont été les honorables invités de Barack Obama. Il y avait l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Béninois Boni Yayi, le Guinéen Alpha Condé et le Nigérien Mahamadou Issoufou. Ils ont été congratulés à la Maison Blanche devant les caméras du monde entier. C’était là une façon, pour le locataire du Bureau ovale, de les encourager à démocratiser davantage leur pays respectif. A l’inverse, cela n’était-il pas aussi une façon insidieuse d’inciter les mauvais élèves à changer de ligne de conduite et à emboîter le pas aux quatre nominés ?
Quant à Sarkozy, il a toujours plaidé pour la démocratie et les droits de l’homme en Afrique comme un «héritage commun» en se défendant de vouloir plaquer artificiellement des valeurs occidentales sur les sociétés africaines. « L’émergence de la démocratie dans le monde arabe constitue la meilleure réponse au fanatisme.» tel est le fond de sa pensée sur les grands bouleversements qui s’opèrent en ce moment dans cette partie du monde.
Il ne faut donc pas se méprendre sur la chute des régimes dictatoriaux en Afrique. Les spécialistes en géopolitique pensent que ces événements ne se sont pas produits par hasard. Ils auraient été pensés, conçus, encouragés, accompagnés voire provoqués.
Le printemps arabe qui a conduit à la chute du Tunisien Ben Ali, de l’Egyptien Hosni Moubarak et plus récemment à l’assassinat de Libyen Mouammar Kadhafi reposerait sur l’hypothèse d’un nouvel ordre mondial qui est en train de se mettre inexorablement en place. Et le couple Obama-Sarkozy semble prendre la tête du peloton.
La gouvernance mondiale impulsée par ces dirigeants occidentaux viendrait corroborer cette hypothèse. Pour réduire les déséquilibres mondiaux, les épineuses questions de la monnaie, des prix des matières premières et de tous les autres sujets économiques, sont sur la table du G20, tractées par le couple franco-américain. C’est donc tout légitimement que les présidents Barack Obama et Nicolas Sarkozy peuvent, par exemple, se permettre de donner des orientations politiques et économiques, pour ne pas dire des directives, que le monde entier doit suivre à la lettre.  
Cette pensée unique dans un monde désormais unipolaire est souvent illustrée par des discours qui en disent long sur le cheminement vers ce nouvel ordre mondial. Mettant sous le boisseau le quotidien de ses concitoyens, Barack Obama, lui-même, se donne de plus en plus une stature de président de la gouvernance mondiale qui est plutôt préoccupé par les problèmes qui touchent la planète entière. « Trop de gens sont encore au chômage, trop d’entreprises ont des problèmes pour se financer et il y a encore trop de déséquilibres dans le monde qui entravent les perspectives de croissance. Nous avons discuté de la façon de coordonner nos agendas de façon à être les plus productifs possible et à proposer le genre de réformes et de suivi qui auront pour résultat la prospérité pour les gens partout dans le monde. » pestait-il lors du dernier sommet du G20.
En sollicitant de nouveau le suffrage universel de leurs concitoyens, Nicolas Sarkozy et Barack Obama veulent tout simplement parachever leurs œuvres inachevées. Comme des mousquetaires, ils sont attachés à l’honneur et à l’amitié réciproque.
 
Clément Yao
 
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