Tchad — Défense
Un an et demi après l’éviction brutale des soldats français basés au Tchad, Paris et N’Djamena avancent sur la reprise de leur coopération militaire bilatérale.
Un retour discret de l’armée française au Tchad
Cela s’appelle un retour à bas bruit. Un an et demi après le renvoi des quelque 1 000 soldats français basés au Tchad, le 30 janvier 2025, Paris et N’Djamena avancent sur la reprise de leur coopération militaire. Objectif : retisser un partenariat plus discret et bénéfique à chacun, sans emprises françaises permanentes, comme c’était le cas auparavant.
Le Tchad déçu par ses autres partenaires militaires
Depuis qu’il a mis l’armée de l’ancienne puissance coloniale à la porte, au nom de la souveraineté de son pays, le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, n’est pas satisfait des offres alternatives et de la fiabilité de ses autres partenaires émiratis, turcs et russes. Les premiers sont devenus gênants en raison de leur soutien aux paramilitaires dans la guerre civile au Soudan voisin ; les drones des seconds sont jugés trop coûteux pour un rendement opérationnel faible ; quant aux troisièmes, leurs piètres résultats au Mali n’incitent pas à un partenariat plus large.
Une sécurité fragilisée sans les forces françaises
L’absence des forces françaises aurait en effet contribué à fragiliser le dispositif sécuritaire tchadien, notamment dans la région du lac Tchad, où les groupes affiliés à Daech en Afrique de l’Ouest (ISWAP) et à Boko Haram continuent de mener des attaques. La dégradation de l’environnement sécuritaire, combinée aux crises persistantes au Soudan et dans le sud de la Libye, a vraisemblablement convaincu les autorités tchadiennes de renouer, au moins partiellement, avec l’expertise militaire française.
Une coopération militaire opérationnelle dès août
Selon plusieurs sources concordantes, le mécanisme de coopération en cours de mise en place devrait être pleinement opérationnel à partir du mois d’août. Il porterait principalement sur la formation et l’entraînement des forces armées tchadiennes, l’appui au renseignement contre les groupes terroristes et les mouvements politico-militaires, ainsi que le renforcement des capacités de planification et de commandement de l’armée tchadienne.
Lamine Thiam
Légende photo : Le mécanisme de coopération en cours de mise en place devrait être pleinement opérationnel à partir du mois d’août.
À lire aussi sur Diasporas News : Pourquoi l’Union africaine refuse de sanctionner le Tchad ?

