Nanterre – Ce jeudi 8 janvier 2026, à 14h30, l’audience solennelle de prestation de serment au Conseil de prud’hommes de Nanterre, a pris une dimension particulière pour Félicien Okoyo. Arrivé du Congo en 1992, il est devenu officiellement juge de la paix sociale aux côtés de ses pairs. Cela représente l’aboutissement d’un engagement syndical de près de vingt ans pour cet ingénieur de formation.
Dans la salle d’audience bondée du Conseil de prud’hommes de Nanterre, parmi les nouveaux conseillers venus prêter serment, sa voix est claire et son regard assuré. En levant la main droite pour prononcer le traditionnel « Je le jure », Félicien Okoyo n’a pas pas seulement validé une nomination ; il a illustré un parcours d’intégration et de conviction qui force respect. Chapeau l’impétrant !
La rigueur scientifique au service de l’humain
L’histoire française de Félicien Okoyo débute en 1992. Arrivé du Congo avec un bac en poche, il décide de poursuivre des études supérieures exigeantes qui le mènent à l’obtention d’un DEA en mécanique des fluides. Cependant il ne va pas travailler pas dans les laboratoires, mais dans les relations sociales en entreprise. Il est recruté par le groupe Téléperformance, un géant de la relation client où il observe de près les injustices vécues par les salariés du monde du travail. Face aux injustices qu’il y constate, en 2008, il décide de militer à la CFTC, une organisation syndicale dont il partage les valeurs de dialogue social, de justice et de dignité humaine.
L’année 2008 : le déclic de son engagement
Rien ne prédestinait Félicien Okoyo, titulaire d’un DEA en mécanique des fluides à devenir une figure du syndicalisme français, notamment francilien. Pourtant, la rigueur de son parcours scientifique se retrouve aujourd’hui dans sa maîtrise des dossiers juridiques. En tant que salarié à Téléperformance, il a compris que les rouages du monde du travail nécessitaient, eux aussi, une connaissance et une vigilance constante. Ayant une aversion pour les inégalités et les injustices qui fragilisent les salariés,il décide de rejoindre la CFTC. En près de deux décennies de militantisme, il gravit les paliers par la pratique du terrain.
La CFTC : le laboratoire d’une vie de combat
C’est donc sous la bannière de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) qu’il choisit de porter la voix des salariés. L’ascension de Félicien Okoyo au sein de la fédération Commerce, Services et Force de Vente (CSFV) témoigne d’un engagement rare : cumulativement, comme délégué syndical central, à négocier les accords de proximité durant deux décennies, treize ans à la présidence du syndicat des salariés du secteur des services et quatre ans à la vice-présidence de la fédération CSFV.
« Le sens de mon militantisme a toujours été la défense du travailleur comme personne humaine avant tout », dit-il.
Une nouvelle mission : rendre la justice
La légitimité acquise sur le terrain de la lutte sociale a convaincu les salariés de lui confier une nouvelle responsabilité; celle de les représenter au Conseil de prud’hommes de Nanterre, l’une des juridictions sociales les plus importantes de France en raison de sa proximité avec le quartier d’affaires de la Défense. Désormais, Félicien Okoyo ne plaide plus: il juge. Son expérience de la mécanique des fluides lui a sans doute appris que chaque pression nécessite un équilibre; une sagesse qu’il applique désormais à la mécanique, souvent sensible, des relations humaines au travail.
Par Faustin Dali

