vendredi, octobre 16, 2026
AccueilMondeMondial 2026 : la CAF veut transformer l’exploit africain en stratégie pour...

Mondial 2026 : la CAF veut transformer l’exploit africain en stratégie pour 2030

Neuf des dix sélections africaines engagées à la Coupe du monde 2026 ont atteint les huitièmes de finale. Un record que la Confédération africaine de football veut désormais transformer en progrès durables. Réunis au Cap-Vert du 7 au 9 octobre, dirigeants, sélectionneurs et experts du continent doivent tirer les enseignements de cette campagne historique avec, déjà, le Mondial 2030 en ligne de mire.

Le Mondial 2026 restera comme une édition historique pour le football africain. Jamais le continent n’avait envoyé autant de sélections à une Coupe du monde et, surtout, jamais autant d’entre elles n’avaient réussi à franchir la phase de groupes.

Sur les dix représentants africains engagés dans la compétition, neuf ont atteint les huitièmes de finale, soit 90 % des équipes du continent.

Une performance exceptionnelle dont la Confédération africaine de football (CAF) veut désormais comprendre les ressorts afin de préparer l’avenir.

C’est tout l’enjeu de la CAF Strategy Conference, organisée du 7 au 9 octobre 2026 à Santa Maria, sur l’île de Sal au Cap-Vert.

Dix pays africains au Mondial 2026, neuf en huitièmes

L’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes a offert une représentation sans précédent au continent africain.

Dix nations ont participé à l’édition 2026 : Algérie, Afrique du Sud, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Maroc, RD Congo, Sénégal et Tunisie.

Mais le principal enseignement ne réside pas seulement dans le nombre de participants.

Selon les chiffres mis en avant par la CAF, neuf des dix représentants du continent ont atteint les huitièmes de finale, contre 40 % en 2022, aucun en 2018 et 40 % en 2014.

L’Afrique représentait 20,8 % des équipes engagées dans le tournoi mais 28,1 % des sélections encore présentes au stade des huitièmes de finale.

Des chiffres qui illustrent la progression de la compétitivité des sélections africaines sur la scène mondiale.

Maroc, Cap-Vert, Égypte : des parcours qui changent les références

Plusieurs équipes ont particulièrement marqué la compétition.

Pour sa première participation à une Coupe du monde, le Cap-Vert est parvenu à sortir de la phase de groupes. Les Requins Bleus avaient notamment tenu l’Espagne en échec (0-0) avant d’affronter l’Argentine en huitièmes de finale.

Face aux Argentins, les Cap-Verdiens ont résisté jusqu’à la prolongation avant de s’incliner 3-2, après être revenus deux fois au score.

Le Maroc a de son côté confirmé que son parcours jusqu’en demi-finale en 2022 n’était pas un événement isolé. Les Lions de l’Atlas ont atteint les quarts de finale pour la deuxième édition consécutive, avant leur élimination face à la France (2-0).

L’Égypte s’est également hissée en quarts de finale après avoir notamment éliminé l’Australie aux tirs au but.

Le Sénégal a lui aussi franchi la phase de groupes, avec notamment une large victoire 5-0 contre l’Irak.

La CAF veut comprendre les raisons de cette progression

Pour la Confédération africaine de football, l’enjeu est désormais de dépasser la célébration de ces résultats.

Réunis au Cap-Vert, les représentants des 54 associations membres de la CAF, ainsi que des sélectionneurs, responsables techniques et experts, doivent analyser les facteurs ayant contribué aux performances africaines.

La préparation des sélections, la formation et le développement des joueurs, la qualité de l’encadrement technique, la compétitivité des championnats nationaux ou encore l’organisation des fédérations font partie des sujets à examiner.

L’objectif est surtout d’identifier ce qui peut être reproduit à plus grande échelle sur le continent.

Le Maroc comme modèle, le Cap-Vert comme symbole

Deux trajectoires illustrent particulièrement les enjeux de cette réflexion.

Le Maroc montre désormais qu’une sélection africaine peut s’installer dans la durée parmi les meilleures nations mondiales, après une demi-finale en 2022 suivie d’un quart de finale quatre ans plus tard.

Le Cap-Vert offre un autre modèle. Avec une population et des ressources beaucoup plus limitées que celles des grandes nations du football africain, les Requins Bleus ont réussi dès leur première participation à franchir la phase de groupes et à rivaliser avec l’Argentine.

Pour la CAF, comprendre comment différents modèles peuvent produire des résultats constitue donc un enjeu essentiel.

Après le Mondial 2026, déjà l’objectif 2030

La performance africaine au Mondial 2026 pourrait finalement représenter davantage qu’un record statistique.

Elle pose une nouvelle question au football du continent : comment transformer une génération de résultats en progression structurelle ?

Car l’élargissement de la Coupe du monde augmente le nombre de places accessibles aux nations africaines, mais ne garantit pas à lui seul leur réussite.

Le véritable défi sera désormais de renforcer la formation, les structures techniques, les championnats et la préparation des sélections afin que les performances observées en 2026 deviennent moins exceptionnelles.

À Sal, la CAF prépare donc déjà l’étape suivante.

L’ambition est claire : faire de la Coupe du monde 2026 non pas l’aboutissement d’une progression, mais le point de départ d’une nouvelle étape pour le football africain à l’horizon 2030.

J.C. PAGNI

À lire aussi sur Diasporas News : Caf Strategy Conference au Cap-Vert

RELATED ARTICLES

Most Popular

Recent Comments