Togo : Victoire Tomegah-Dogbé, Première femme à la Primature

Victoire Tomegah-Dogbé promet « relever le défi de la prospérité et de la croissance partagée » au Togo
Victoire Tomegah-Dogbé promet « relever le défi de la prospérité et de la croissance partagée » au Togo

C’est une grande première depuis l’indépendance du Togo. Sept mois après sa réélection pour un quatrième mandat, le Chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé a récemment nommé une femme à la Primature. Il s’agit de son ex-directrice de cabinet Victoire Sidémèho Tomegah-Dogbé. Elle succède au démissionnaire Komi Selom Klassou.

Victoire pour la charmante Victoire Sidémèho Tomegah-Dogbé ! A 61 ans, elle rentre dans l’histoire… Sur les réseaux sociaux, on assiste au déchaînement de félicitations pour sa nomination historique. Le Togo respire surtout depuis le lundi 28 septembre le vent de l’espoir. L’ancienne ministre de la Jeunesse et de l’Emploi depuis 2010 (fonction qu’elle cumulait avec celle de directeur de cabinet du président de la République) est le nouveau Premier ministre de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. Sa nomination intervient suite à la démission de Komi Selom Klassou (en poste depuis 2015) et à l’ensemble de son gouvernement. D’ores et déjà, Victoire Tomegah-Dogbé s’est engagée à « relever le défi de la prospérité et de la croissance partagée ». Une nomination qui laisse toutefois de marbre l’opposition togolaise symbolisée par Gnimdewa Atakpama du parti des Togolais. « Ce qui nous intéresse, c’est le changement de gouvernance, pas le changement de personne. Faure Essozimna Gnassingbé a déjà eu plusieurs Premiers ministres, cela n’a rien changé pour les Togolais. Pourquoi cela changerait cette fois ? », s’est-il interrogé au micro de Sputnik ? L’ex-premier ministre Kodjo Agbeyomé est plus amer : « Faure Gnassingbé n’a pas le droit de nommer un Premier ministre car il n’a pas gagné les élections de février 2020 (…) C’est un non-évènement. C’est une plaisanterie de combinaisons de parents et amis pour renforcer la mauvaise gouvernance, le manque d’autorité et la volonté de s’éterniser apparente au pouvoir ». Pour sa part,la militante des Droits de l’homme Mimi Bossou Soedédé se réjouit : « C’est un signal fort pour les jeunes filles et femmes qu’elles ont le droit de rêver grand. Même si le plus dur commence pour Victoire Dogbé, ses compétences et ses expériences passées parlent en sa faveur. Elle réussira. La promotion de la femme est en marche au Togo et j’en suis très contente ».

La native de Badougbe (Sud), Technocrate et gestionnaire de formation, formée aux Sciences de gestion au Togo, au Danemark, en Suisse et aux Etats-Unis, a été fonctionnaire internationale. Après des débuts dans les années 80 au sein de l’Industrie togolaise de plastique où elle a terminé directrice générale, Victoire Tomegah Dogbé a également fait ses armes au Programme des Nations Unies (PNUD) aussi bien au Togo qu’en RD Congo, au Burkina Faso ou encore au Bénin, en qualité de représentante résidente adjointe jusqu’à sa nomination en 2008 comme ministre. Dans sa nouvelle mission à la Primature, Victoire Tomegah-Dogbé devra composer avec le Secrétariat de la présidence également occupé par une femme, Sandra Johnson (précédemment ministre en charge du Climat des affaires) et le Parlement avec au perchoir, une autre femme, Yawa Djgbodi Tsegan. Le leadership féminin est plus que jamais en marche au Togo…

Marie-Inès Bibang, paru dans le Diasporas-News n°118 d’Octobre 2020