L’Ivoirienne Plégnon en soutien à ses origines

C’est le lieu d’exhorter le Gouvernement ivoirien, ainsi que tous les amis de la Côte d’Ivoire, à encourager cet élan de développement, gage d’une solidarité et d’un humanisme hors du commun.

Pour soutenir le canton, la ville et le village dont elle est originaire, l’Ivoirienne Clarisse Plégnon a organisé un gala de bienfaisance le 11 mai dernier à Paris. Une soirée où la solidarité a parlé.

Le vieil adage dit : « Si vous ne savez pas où vous allez, n’oubliez jamais d’où vous venez. » Bien que vivant en France depuis de nombreuses années, Clarisse Plégnon a fait sienne ce dicton. Elle n’a jamais oublié qu’elle est une enfant de Côte d’Ivoire, appartenant au canton de Yocollo, dans la ville de Saïoua. Ne roulant pas sur l’or, cette salariée dans le domaine de la petite enfance, a eu la bonne idée de créer l’association des ressortissants de Yocolo en France (ADRIF). Une association qui est devenue le creuset duquel partiraient des actions en direction de la mère-patrie.

Le 11 mai dernier, l’ADRIF a ainsi organisé une soirée de bienfaisance afin de recueillir quelques dons pour aider au développement du canton. C’est que, à Saïoua, dans le canton Yocolo, les insuffisances en termes de développement se ressentent à tous les niveaux. La voirie publique est une vraie problématique, elle qui date de Mathusalem. Conductrice indispensable au développement, elle permet une plus grande fluidité dans le transport des produits agricoles vers les marchés du chef-lieu et par-delà, tout le pays. Cette filière agricole est aujourd’hui sinistrée du fait de l’impraticabilité des routes. Le poumon économique de la localité est donc en berne. On n’oubliera pas de rajouter la fourniture incomplète en électricité, l’adduction en eau potable désuète malgré la présence d’une nappe phréatique abondante ainsi que l’insuffisance d’infrastructures sanitaires et d’éducation. Des vecteurs de développement qui manquent cruellement à de nombreux villages du Yocolo, et qui en ont fait une région martyre et profondément frustrée au fil des ans et des changements de régimes politiques en Côte d’Ivoire.

Partant de ce constat peu reluisant, l’ADRIF et sa présidente ont décidé de se retrousser les manches. Se battre ensemble pour sortir le Yocolo du sous-développement, tel était donc le leitmotiv qui a conduit cette belle soirée. Clarisse Plégnon a pu rassembler autour de son projet des personnes partageant le même désir, disséminées aux quatre coins de l’Hexagone. Pour atteindre cet objectif, elle et ses compatriotes ont pris soin de s’entourer d’énergie, de maturité et de bienveillance. Des mécènes, touchés par la justesse de la cause, se sont joints à l’événement. Des personnalités comme Gnangbo Kakou, Dramane Cissé, Oli Alexis, Adou Houphouët Martial, et bien d’autres ont fait parler leur cœur et leur générosité pour ce vaste projet de développement en direction de la région de Saïoua. D’importantes donations financières et matérielles ont été faites. L’ADRIF a même bénéficié du concours d’associations sœurs du bassin parisien.

De l’avis des participants, la soirée fut une réussite totale. « C’est vrai que les différents gouvernements ivoiriens nous ont oubliés. Mais si nous commençons nous-mêmes à agir pour notre région, il n’y a pas de raison que l’Etat ne se souvienne pas de nous », espèrent-ils tous en chœur. Et ils n’ont pas tort parce que la région est un des greniers de la Côte d’Ivoire du fait de sa richesse agricole.

Malick Daho