La réalisatrice du film kényan Rafiki, Wanuri Kahiu, a déposé une plainte contre la décision de la commission kényane de la censure d’interdire ce long-métrage au motif qu’il traite de l’amour entre deux femmes, a-t-on appris jeudi.

Wanuri Kahiu et l’ONG Creative Economy Working Group (CEWG) « ont déposé aujourd’hui une plainte constitutionnelle contestant la décision de la commission de censure et de son directeur exécutif Ezekiel Mutua d’interdire le film au Kenya », a indiqué CEWG dans un communiqué daté de mardi et reçu jeudi par l’AFP.

« Nous croyons en la liberté d’expression comme la pierre angulaire de toute démocratie », a ajouté la même source. « La censure déraisonnable et injustifiable de films viole nos droits à la liberté d’expression et à la liberté des médias (…) garantis par la constitution du Kenya ».

Rafiki est le premier film kényan jamais sélectionné à Cannes, où il a été présenté début mai dans la sélection « Un Certain regard ».

Il est adapté d’un roman de l’Ougandaise Monica Arac Nyeko, Rafiki (« ami » en kiswahili), et raconte l’histoire d’un coup de foudre entre deux jeunes femmes appartenant à des camps politiques opposés.

Toujours sous le coup des lois datant du colonialisme britannique, l’homosexualité reste illégale au Kenya, et la commission kényane de la censure a interdit le film en raison de « son thème homosexuel et de son but évident de promouvoir le lesbianisme au Kenya, ce qui est illégal et heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ».

Les plaignants souhaitent notamment une levée de l’interdiction afin que le film soit sélectionnable par le comité des Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère pour la cérémonie 2019.