Le parlement a approuvé vendredi l’amnistie de dissidents politiques en Ethiopie, dont plusieurs milliers ont récemment été libérés dans le cadre des réformes menées par Premier ministre Abiy Ahmed.

« La loi accorde l’amnistie aux individus et aux groupes qui font l’objet d’une enquête ou qui ont été condamnés pour trahison, atteinte à l’ordre constitutionnel ou lutte armée », a rapporté la radio-télévision Fana, proche du pouvoir.

M. Abiy a été encensé pour ses initiatives visant à bousculer le statu quo au sein d’un pays critiqué de longue date par les défenseurs des droits de l’homme pour la brutalité de ses forces de police, l’emprisonnement de ses dissidents et l’absence d’ouverture de son espace politique.

Depuis son arrivée au pouvoir en avril, outre la libération de milliers de prisonniers, dont certains opposants de premier plan, le Premier ministre a annoncé des réformes économiques et mené un spectaculaire processus de paix avec l’Érythrée.

Il a également porté au rang de priorité le rapprochement avec des partis d’opposition.

En juillet, Fana avait rapporté que des directeurs de prison avaient été licenciés pour avoir « échoué à assumer leurs responsabilités et à respecter les droits humains des prisonniers. »

Récemment, l’ONG Human Rights Watch a dénoncé des cas de torture, de viol et de privation de nourriture au sein d’une prison de la région Somali, une zone instable située dans l’est du pays.

Ces réformes contrastent avec la politique menée jusqu’ici par l’EPRDF, la coalition au pouvoir qui occupe avec ses alliés tous les sièges du parlement.